REVALPIN

ski

Bien dans son 06

7 Décembre 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Il y a des fois où on se sent particulièrement bien dans son département, des fois où les conditions semblent parfaitement réunies pour nous gâter. On ne voudrait alors être nul part ailleurs.
Pour nous c'était le cas ce Week end.
Samedi, la montagne s'est parée de blanc et la trace profonde de montée laisse présager une première descente de la saison au top.

Nous avons fait du "hors piste" dans la station encore endormie d'Auron. Quel clame en partant du front de neige d'habitude si bruyant. On monte au col de Chalvet, puis c'est la grande sauvagerie. Plus une trace d'âme qui vivent dans les montagnes qui se découvrent derrière. Et puis, il y a ce décors hivernal tout blanc, auquel on n'est pas encore tout a fait habitué.
On choisit de faire un aller/retour en face sud/ouest de Las Donnas pour profiter du versant inondé de soleil versant Roya. Que du plaisir!

 Les premiers virages de l'année, et Mumu en a déjà par dessus les genoux en face sud de la cime de Las Donnas.

 Mathieu attaque à fond, déjà presque les grandes courbes au bout de 20 virages.
Il faut dire que la neige légère de samedi pardonnait assez bien la fragilité de nos réflexes pas encore trop habitués aux sports d'hiver.
 

Finalement il y avait assez de neige pour se faire bien plaisir sans faire une seule rayure aux skis. Mais heureusement que le fond est souvent herbeux dans le coin, car on touchait quand même par ci par là sur les gros appuis.
Et puis ce qu'il y a de bien, c'est que les premières descentes durent longtemps quand on n'a pas encore les cuisses pour enquiller plusieurs centaines de mètres de déniv d'un coup.

Mat et Mumu, de retour au col du Chalvet, se délectent déjà de la deuxième descente qui nous attend sur Auron.

Elle sera tout aussi démente avec de la poudre très froide.

Dimanche, grand contraste. Nous sommes allés visiter la "Petite bête qui monte" à la Mescla. Comment résister à la tentation? Une voie ouverte en novembre par des copains pas loin de la maison. En plus c'est du terrain d'av... Le pied! Profitons en, tant que notre profil de grimpeur ne s'est pas mis en léthargie pour l'hiver.

 Dans L3, le rocher devient vraiment bon.

Non, non, ce n'est pas le Verdon en bas, mais bien notre cher Var qui descend jusqu'à Nice.

Plus on monte dans la voie, plus le rocher est beau. Il ne faut pas se laisser décourager par l'approche un peu technologique et les premiers 30m au rocher trop marneux. La suite le vaut bien. Le bruit des voitures de la 202 donne à la falaise un air un peu urbain. Mais une fois concentré dans la grimpe, l'aventure et les émotions sont au rendez vous à chaque mètre.  Et dieu sait ce qu'il faut comme concentration et maîtrise de sois dans cette voie.


 La longueur la plus facile dans un mur très sculpté en dalle.

Mais rassurez vous, vous n'aurez pas le temps de vous refroidir. Car il faut serrer les prises bien comme il faut pour ne pas faire le fly du siècle sur quelques micro friends.

Bon, il faudra revenir avec beaucoup de motivation pour le toit en 7b du haut, mais les longueurs qui précèdent nous ont déjà bien rassasiés. Surtout que les longueurs sont assez intenses. Il faut surement quand même une bonne marge sur les cotations indiquées pour grimper cette voie. Et ne tirez pas sur tout ce qui bouge! Bref cette voie est une beautée difficile, comme ces femmes parfois aguichantes qui donnent du fil à retordre aux séducteurs de tous poils.
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Fin d'une saison miraculeuse!

8 Juin 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Voila venue l'heure du bilan de la saison de ski 2008/2009. Promis, après ça, j'arrête de vous enquiquiner avec ces histoires de neige.
L'hiver a été exceptionnellement et longuement enneigé dans le sud des Alpes à partir du Queyras, avec un maximum certainement atteint à l'Est du Mercantour en fin de saison. De la neige à profusion de fin novembre à fin mai, à basse altitude, c'était vraiment le pied.
Où avez vous randonné cet hiver? Pour ce qui nous concerne, les sorties se répartissent à peu près comme ça:
- Alpes Maritimes, 75% dont 55% en Vésubie
- Italie, 20%
- Reste des Alpes françaises, 5% à peine
Et oui, c'était une bonne année pour skier près de Nice sans trop faire de kilomètres. Une année rêvée pour le bilan carbonne d'un skieur niçois comme dirait Yann Arthus Bertrand. Et puis, si je vous disais combien de superbes randos sans trace de ski, sans autre groupe que nous dans toute une vallée, avec la nature et sa faune pour nous seul... Il ne vaut mieux pas, car tous les skieurs du nord risqueraient de débarquer le prochain hiver enneigé.

Voila quelques images de la toute fin de saison pour tenir jusqu'à l'hiver prochain.

Tout d'abord un week end mémorable au col de la Cayolle fin mai 2009.
 Honneur aux Femmes.

Geneviève profite de la transfo dans les pentes Est de la Tête de la Crépine.
   Georges en action: "ça tourne avec les oreilles ces ski de rando paraboliques. Moi qui ai commencé la rando avec des skis droits de 2m, toute une époque... Et on faisait de la pente raide avec ça, je t'assure..." Les "Italiens" au Gélas en 1965, ça envoyait"

Voila une particularité de la fin de saison, nous avons pu skier des couloirs N en transfo: je crois que je n'avais jamais fait ça avant!
Mais grâce au soleil très haut de fin mai, c'était chose possible cette année! Merci dame nature!
 Et hop, un petit tour dans l'esthétique couloir N du Pelat.

La neige transfo se skie presque comme une fine couche de poudreuse, sauf qu'elle présente moins d'irrégularité. Pas de risque de plaque, ni de zone croutée. Ce n'est pas pour rien que les anciens ne connaissaient que le ski de printemps!
 
Et voila la dernière rando en condition toujours parfaite, le 4 juin 2009.

Mumu s'est déguisée en shtroumf bleu, pour profiter des belles pentes du couloir N de la cime de la Lombarde. En bas les Laghi d'Orgials se teintent de bleue pour le plaisir des yeux.
 

 

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Vous reprendrez bien un peu de pente?

14 Mai 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Et oui, la saison n'en finit plus dans le Mercantour. En choisissant bien ses matinées de ski, le regel est parfois pas mal du tout. Alors on s'est pas privé ces 2 dernières semaines pour finir la saison en beauté. (fini? Mais qui a dit fini?)
Condition des accès ce 14 mai:
- Cougourde: plusieurs déchaussages pour monter au refuge: jouable sur plusieurs jours seulement
- Madonne de Fenêstre: sans commentaire, si vous déchaussez avant la vacherie "milketbouse" vous le faites exprès
- Gordolasque: On chausse au bout du plat dans les restes d'une coulée bien pratique pour monter au lac Autier. Le mur des italiens passe presque tout à pied en restant en rive gauche.
Il va falloir monter vers la Bonnette ou la Cayolle pour continuer le ski sans portage dans le 06.

Place aux photos du mois de mai:

Une photo de saison, de retour au fond de la vallée de la Gordolasque en ce merveilleux mois de mai 2009.

Arrivée au parking, les champs de crocus vous attendent pour faire la sieste avec les bières que vous n'aurez pas oublié de laisser au frais dans un résidu de neige! Certains iront même jusqu'à se baigner dans une vasque d'eau glaciale... C'est le printemps.



 Fin de journée exceptionnelle  après avoir enchainé le Marguareis, la conque de la Caserne et la Facia.

Plus que quelques milliers de virages qui tournent tout seul et nous voila de retour à Limone par le vallon del Cros, sans portage, le 1er mai!!!!
 
 Le matin même, petite vue plongeante sur la face nord du Marguareis. Miam, toute cette bonne poudre, on s'y lance?

Dommage l'horaire est trop ric-rac pour rejoindre Limone... à l'année prochaine!

Le 3 mai, Bruno Duquesnoy envoie le premier virage en haut de la cime de l'Autaret, chez lui dans le Valvaraita.

Merci de nous avoir fait découvrir ce petit paradis du ski italien. Au passage ne manquez pas le gite du Mélèze idéal pour passer quelques jours à Bellino.


 Photo gazeuse, seul dans la face Est de la Cougourde le 6 mai.

Un itinéraire dément plongeant sur le refuge Soria (visible en bas au bout de la belle crête neigeuse qu'il faut commencer par descendre sur le fil)

Cette année ça passait tout en ski, sauf la cascade tout en bas qui se déescalade assez bien.

 



Pour rester à la Cougourde: une photo du couloir N  juste au dessus du passage mixte (ou ce qu'il en reste) lors d'un enchainement Couloir N des Gaisses, couloir N de Cougourde.

Les deux étaient très enneigés, mais la neige bien dure de ce jour de fin avril m'a obligé à tirer 20m de rappel pour  descendre le passage mixte du cougourdon.


Descente de la face Est de la Cime Cabret: un couloir en écharpe miraculeusement enneigé qui nous a permis de faire le tour du Mt Colomb le 8 mai depuis la Madonne de Fenêstre.

Mumu s'envole vers les rives bleutées du lac de La Foux. Magie des contrastes du Mercantour.


Dimanche  10 mai, descente avec Mumu du Chamineye versant Valmasque:  Une journée seul au monde (un dimanche normal dans le Mercantour) où l'on croisera seulement un Loup.

Mieux vaut connaître ce versant avant de s'y lancer à vu.

 Retour à la voiture par la combe du lac Autier le même jour.

Le regel était béton ce matin là, et à 12h c'est encore un vrai régal. Certains disent que la moquette  parfaite est encore mieux qu'une piste de ski bien préparée: ils n'ont pas tort! Merci dame nature et au feu les dameuses.

 Encore un couloir skié au vol ce matin même, le 14 mai.

Le couloir Est du Ponset n'a jamais du être aussi rempli. Ca passait tout en ski, alors que les hivers normaux, le haut présente un passage de 10m de haut barré par un bloc coincé!!
Le gang des casquettes bleues, sévit ce matin dans le couloir Est du Ponset.

Une belle ligne, même pas ravagée par les avalanches en bas: que du bonheur.

Au retour, en se tirant la bourre dans la descente du Pas du Mt Colomb, on se dit que l'on ne va quand même pas arrêter là???

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Extrait de pente

27 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ski extrème, pente raide, ski de couloir... quesaco?
La pente raide est un sport qui consiste à descendre à ski des pentes de neige allant de "très pentues" à "abominablement pentues". Ce sport a été initié par des skieurs amateurs d'acrobaties, de sensations fortes et d'expériences engagées. Il s'agit de Boivin, de Vallançant, de Chantriaux ou encore de Saudant dans les années 60 et 70.

Depuis leurs successeurs ont démocratisés la pente raide en multipliant les descentes les plus vertigineuses. Les topos de ski ont tenté de répertorier et hiérarchiser les couloirs de tous les massifs. Le matériel de ski de randonnée s'est allégé et fiabilisé pour permettre une pratique de plus en plus aisée. Il y a encore quelques années, le skieurs de pentes raides ne pouvaient pas se passer de son matériel de ski de piste suffisamment robuste. Il fallait ajouter des adaptateurs sur les fixations de ski de piste pour remonter une pente en peau de phoque. Aujourd'hui il n'est pas rare de voir du monde en low tech dans du 45°, avec des chaussures de randonnées dont le maintient s'est beaucoup amélioré. Les meilleurs skieurs enchaînent les virages à rythme soutenu. Quand les conditions sont bonnes, les descentes de couloir s'apparentent plus à du free ride, qu'au virage sauté et aussitôt stoppé d'autrefois.
 
Descente en ski du sommet de la Malédie le 23 avril 2009: Une pente courte, mais rarement en bonne condition à cause des rochers qui pointent un peu partout.

Descente en ski du sommet de la Malédie le 23 avril 2009: Une pente courte, mais rarement en bonne condition à cause des rochers qui pointent un peu partout.

Nicolas Féraud dans le couloir du Muraillon qui permet de faire le tour de la  Malédie en descendant sur le refuge Pagari.  Ce couloir orienté Est doit être descendu très tôt au printemps pour que la neige ne soit pas trop molle..

Nicolas Féraud dans le couloir du Muraillon qui permet de faire le tour de la Malédie en descendant sur le refuge Pagari. Ce couloir orienté Est doit être descendu très tôt au printemps pour que la neige ne soit pas trop molle..

Le massif du Mercantour regorge de pentes raides à ski. Le relief s'accentue d'Ouest en Est pour finir par les couloirs mythiques de l'Argentera. L'ensoleillement important permet une stabilisation relativement rapide de la neige et il est possible de descendre des couloirs plein cagnard en transfo en plein hiver. La géologie cristalline de l'Est du massif favorise les structures de couloirs raides et élancés rayant des faces de plus 1000m.
Une des perles du massif est certainement le Mont Pélago qui regorge d'itinéraires de pentes raides très faciles d'accès depuis le Boréon. Tout se skie au pélago: couloir Nathalie (W), couloir Sud, petit couloir Est, grand couloir Est, couloir Nord Est.

Vue plongeante sur le Boréon depuis le haut du couloir Sud du Pélago descendu avec Mathieu Blanchard le 10 mars, en neige béton!

Vue plongeante sur le Boréon depuis le haut du couloir Sud du Pélago descendu avec Mathieu Blanchard le 10 mars, en neige béton!

Cherchez bien le refuge de Cougourde sur cette photo prise dans la descente du grand couloir Est du Pélago le 26 mars.  C'était peut être bien une première, reprise quelques semaines plus tard par les frères Couturier: un couloir évident mais expo au-dessus d'une traversée dans le bas de la face.

Cherchez bien le refuge de Cougourde sur cette photo prise dans la descente du grand couloir Est du Pélago le 26 mars. C'était peut être bien une première, reprise quelques semaines plus tard par les frères Couturier: un couloir évident mais expo au-dessus d'une traversée dans le bas de la face.

Contrairement aux idées reçues, une pente à 45° (1 pour 1) est déjà très raide, et on parle de ski de pente raide dès 35° à 40° de moyenne. Les pentes les plus raides à ski ne dépassent pas les 60°.
Les spécialistes mesurent la pente avec un clinomètre : sorte de compas qui donne l'inclinaison de la pente. Mais pour vous en convaincre lors de votre prochaine sortie, vous pouvez déjà évaluer la pente avec vos deux bâtons. Posez en un à la vertical sur la neige et faites un angle droit avec l'autre posé au sommet du premier à l'horizontale pour construire un triangle entre les 2 bâtons et la neige. Si le deuxième bâton ne touche pas la neige c'est que la pente est inférieure à 45°.

Mumu dans l'esthétique couloir Est de la cime de Paranova qui descend directement du sommet jusque dans la Gordolasque sur le Pont Countet le 17 mars.  Malgré leur faible altitude, les couloirs de la cime de Paranova sont tout aussi majeurs que ceux de la face Sud Est du grand voisin le Néglier. Et quand ça skie depuis le sommet, comme cet hiver, c'est tout simplement fabuleux.

Mumu dans l'esthétique couloir Est de la cime de Paranova qui descend directement du sommet jusque dans la Gordolasque sur le Pont Countet le 17 mars. Malgré leur faible altitude, les couloirs de la cime de Paranova sont tout aussi majeurs que ceux de la face Sud Est du grand voisin le Néglier. Et quand ça skie depuis le sommet, comme cet hiver, c'est tout simplement fabuleux.

 Dans le couloir Sud du Caïre Frémus le 19 mars 2009.  Une goulotte vertigineuse de 1200m de haut qui passait miraculeusement en ski cet hiver grâce aux chutes de neiges importantes : ca se passe en chaussant les planches au sommet du Mt St Sauveur à 20min du haut des pistes d'Isola 2000 dans une des faces les plus rébarbatives du département.

Dans le couloir Sud du Caïre Frémus le 19 mars 2009. Une goulotte vertigineuse de 1200m de haut qui passait miraculeusement en ski cet hiver grâce aux chutes de neiges importantes : ca se passe en chaussant les planches au sommet du Mt St Sauveur à 20min du haut des pistes d'Isola 2000 dans une des faces les plus rébarbatives du département.

Le ski de pente raide est un sport pour les patients, bien loin de l'image des jeunes excités s'élançant à grande vitesse dans les hors pistes des stations de ski, à peine descendu du télésiège.
Les bonnes conditions pour descendre les pentes les plus raides sont rares et certains itinéraires ne sont praticables que quelques jours dans l'année. L'amateur de pente vertigineuse doit donc tenter de deviner quand son objectif est fréquentable en fonction des dernières chutes de neige, du risque d'avalanche, de l'orientation, de la température. Il n'est pas rare de devoir renoncer à une descente une fois arrivé au sommet ou de devoir descendre en rappel une section en mauvaise condition. Il faudra revenir plusieurs fois, pour enfin être au bon endroit au bon moment.
Pour éviter de se faire piéger par une neige dangereuse, glacée ou plaquée une fois engagé dans la pente, il est conseillé de remonter à pied dans le couloir convoité. Les conditions de neige les plus agréables en pente raide sont la poudreuse et la neige transfo. Mais la météo peut jouer des tours. Il est fréquent qu'un nuage empêche le dégèle de votre pente ou que le vent emporte toute la poudre, ne vous laissant qu'une vitre glacée en guise de toboggan.

 Quand le moral ou les conditions ne sont pas au rendez-vous, la corde peut sauver la situation, comme ici dans le haut du couloir du Hochjoch qui nous a permis de faire le tour du mt Zebru.  C'était le seul passage praticable pour rejoindre le refuge suivant en traversant la barrière de la chaine Zebru/Ortles

Quand le moral ou les conditions ne sont pas au rendez-vous, la corde peut sauver la situation, comme ici dans le haut du couloir du Hochjoch qui nous a permis de faire le tour du mt Zebru. C'était le seul passage praticable pour rejoindre le refuge suivant en traversant la barrière de la chaine Zebru/Ortles

 Tentative le 25 avril de descente de l'arête du St Robert au Gélas.  Une fine couche de poudre cache une  neige vitrifiée.... La descente en grande courbe sera pour une autre fois! Il vaut mieux jouer d'abord la sécurité en sortant la corde.

Tentative le 25 avril de descente de l'arête du St Robert au Gélas. Une fine couche de poudre cache une neige vitrifiée.... La descente en grande courbe sera pour une autre fois! Il vaut mieux jouer d'abord la sécurité en sortant la corde.

Pour finir ce reportage sur la pente raide dans les Alpes Maritimes, je vous laisse lire un article de Volopress qui étudie l'engouement de ces dernières années pour ce sport. Une analyse intéressante est d'ailleurs faite sur les effets d'internet et des comptes rendus de course disponibles en ligne stimulant les envies du plus grand nombre. C'est à lire ici.

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Crue avalancheuse 2009

20 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Le paysage des Alpes Maritimes restera à coup sûr marqué pendant quelques années par les crues avalancheuses de l'hiver 2008 / 2009. Plusieurs épisodes neigeux ont donné lieu à des cumuls de neige record qui ont provoqué des valanches très rares. La vallée la plus touchée a été la Tinée avec deux périodes de crise grave. Des hameaux ont été évacuhés, la route a été coupée plusieurs jours de suite et des avalanches sont descendues jusqu'au fond de la vallée de la Tinée à moins de 1000m d'altitude. Miraculeusement ces avalanches exceptionnelles n'ont pas fait de mort, même si elles ont atteint des zones urbanisées et des axes de circulation.
Ailleurs dans le département, c'est l'ensemble des couloirs du massif qui ont purgé le trop plein de neige. Partout les cones de déjection sont monstrueux ce printemps. Parfois, ces avalanches ont rasés des forêts qui s'étaient implantées depuis plusieurs décennies dans les couloirs alors en manque de neige. La place nette est faite pour plusieurs années pour le bonheur des skieurs qui voient souvent d'un mauvais oeil le reboisement naturel de nos montagnes. Certains couloirs de basse altitude qui étaient trop encombrés d'arbre vont devenir plaisant en ski les prochaines années.

La saison n'est pas finie et des avalanches de fonte vont encore avoir lieu ce printemps. Mais l'heure est déjà au constat et à la réflexion pour limiter la catastrophe lors du prochain hiver de ce type. La cartographie des risques d'avalanches va évoluer sur certaines communes pour mieux réglementer l'urbanisme et les constructions, en tenant compte des limites maximum des événements qui ont été observés cet hiver. De plus, les collectivités réfléchissent à des moyens de protection des hameaux exposés de la Tinée par des digues déflectrices ou des paravalanches dans les versants.

 Ici au dessus de Limone au pied de la face Ouest de la Facia.

La crue avalancheuse a aussi eu lieu sur le versant italien, mais le versant piémontait est plus régulièrement soumis à des forts cumuls de neige lors des retours d'Est. Le paysage est donc déjà marqué par les coulées régulières.

On peut remarquer qu'il n'y pas un seul tronc d'arbre dans le dépot.
 En comparaison, voila ce que cela donne versant français au Boréon dans le couloir sud de la Lêche.

Et dire que je suis passé là en ski en début de saison sur un joli sentier bordé de sapins centennaires, fréquenté par des groupes de raquettistes aussi insouciant que moi!!

Photo "Ski Tour"
 

 
 Ici le vallon de l'Adoussé descendant de la cime de Piagu sur le Boréon.
Au vu des tonnes de bois qui gisent dans les culots d'avalanches, on va pouvoir relancer la filière bois du département. Enfin bon, pour le chauffage seulement, car il ne reste pas beaucoup de troncs entiers.
 Ici la face Nord de la tête de la Poudrière (à coté de l'Authion) porte bien son nom au vu de la lave blanche qui a coulée dans ce couloir.
 

Quelques maisons (vides!!!) du hameau du Cialancier ont été rasées par la coulée du 16 décembre 2009 à St Etienne de Tinée.

Quelques uns ont judicieusement rappelés que "Cialancier" venait de "Chalanches" signifiant "avalanches" en patois local. Pourtant les maisons appartenaient à des familles de la vallée. Auraient ils perdus la connaissance de la langue des anciens?

Photo " Nice Matin"

Vu d'hélicoptère, l'impressionnante avalanche du Mt St Sauveur dont tout le monde a pu voir le dépot en face de la route en montant en station cet hiver un peu en amont des gorges de Valabres. 

Cette avalanche a été déclenchée artificiellement par des explosifs pour sécuriser la route, d'où les photos en direct live.

Photo "Data avalanche"

 Les culots d'avalanches ressemblent parfois curieusement à des glaciers avec les moraines latérales, le bourelet frontale, le charriage des matériaux en tout genre.

Ici c'est le vallon d'Anduébis sous le Pétoumier qui a été ravagé très tôt dans la saison.
 Les avalanches ont parfois des bons cotés, comme créer des ponts naturels sur des rivières infranchissables  autrement.

Ici à Castérino une coulée à bouchée  le torrent de la Valmasque.
 
 Sur la route d'Isola 2000 ce printemps la voiture parait minuscule par rapport à la taille du dépot de neige.

 On comprend mieux pourquoi l'accès à la station a été coupé pendant plusieurs jours.

Pour plus d'info sur les avalanches du département, je vous laisse découvrir le site Data avalanches qui répertorie un maximum d'événements avalancheux qui ont eu lieu dans l'hiver. On y trouve des photos, récits et une géolocalisation des avalanches.
Ce site web étant mis à jour pendant tout l'hiver, le répertoire des avalanches récentes peut être utile à la prise de décision pour le ski de randonné en complément du bulletin Météo France. Ceci est surtout vrai quand on va dans un massif éloigné, où l'on ne connait pas l'historique de l'hiver.
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Extrait de poudre

16 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Voila de quoi motiver les plus réticents à sortir encore un peu au ski en ce printemps 2009. C'est une rétrospective en image des plus belles descentes en poudre que nous avons pu faire cet hiver. Ceci juste pour vous alléchez un peu pour le weekend qui vient qui devrait nous réserver encore de la neige légère toute fraîche.

Math aux commandes ouvre une saison qui va s'avérer mythique.

Ici à la tête de Colombière en décembre.
   Début janvier 2009, c'est l'apogée de l'hiver avec un enneigement exceptionnel sur les préalpes Grassoises.

Ici, un skieur rassasié vient de se gaver en face Nord du Cheiron juste avant d'enchainer avec la face sud à 25km des plages du littoral!!!

Et dire que quand la poudreuse tombe en station, ils la dament, alors que nous la recherchons avidement tout l'hiver!!!! C'est le monde à l'envers dans ces stations!!!

 Et non toutou... c'est pas pour toi.

Le ski en poudreuse permet de faire de magnifiques traces dans la neige. Ce jour là une trentaine de skieurs ont laissés leur arabesques dans le versant Nord Est du Teillon.
 Et quand il fait très froid, au coeur de l'hiver, il est même possible de trouver de la poudreuse en face sud.

Ici Jean Pierre se délecte d'une petite godille au Lauvet d'Ilonse inondé de soleil.
 
 Plusieurs jours après la dernière chute de neige, les versants nords gardent souvent jalousement la poudre à l'abri des rayons ardents du soleil des Alpes du Sud.

Ici c'est la poudreuse  du Mt St Honorat dans le Haut Var qui est à l'honneur.

Lors d'un raid à ski, les descentes en poudre ont encore un autre charme.

Vince en versant Nord de la cime orientale de forni dans l'Ortles début avril 2009. 
   En effet, la qualité de la neige sur un tour de plusieurs jours relève plus de la chance et de l'improvisation.

Ici en face Est du Mt Zebru, nous pouvons enfin nous lâcher dans la pente après le couloir de 400m sous le bivouac Citta di Cantu.

 Descente de rêve en  Ortles face au glacier de la Minière.

Des combes entières sans une trace dans ce massif très fréquenté: c'est le privilège d'être sorti un peu du circuit classique en aérant la corde et le réchaud pour quelques refuges non gardés.
 
 Après 6j de raid, tout le monde à la banane et on finit par un festival de neige légère dans la descente du galcier du Mt Vioz.

Et si vous trouvez une neige gelée infâme ou croûtée lors de votre prochaine randonnée, n'oubliez pas que la poudre est un plat qui se mange froid: elle ne vous attendra pas souvent bien longtemps après une chute de neige dans les Alpes Maritimes. Alors feu flamme et soyez prudent... cf prochain article sur les avalanches.
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Toujours du ski

15 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Pourquoi passer à autre chose avec l'hiver historique que nous sommes en train de vivre.
Il n'y avait pas grand chose à lire ces derniers temps sur REVALPIN, mais ce n'est pas pour autant que l'hiver est fini. Au contraire, ça skie plus que jamais dans les Alpes Maritimes. Tellement que REVALPIN tombe en rade.... Une petite couche de fraiche vient reblanchir nos montagnes chaque semaine, de telle sorte que le manteau neigeux ne diminue pas au dessus de 2000m.

Les routes et les cols sont partout en cours de dégagement et permettent d'accéder à des réservoirs de neige innépuisables ce printemps. Les routes de la Gordolasque, Madone de Fenestre et Boréon sont toutes dégagées jusqu'au terminus estival (jusqu'aux vacheries pour Cougourde).

Jojo appuie les courbes sur fond de Bégo en ce le lundi de Paques  pour lequel la montagne s'était une fois de plus fraichement  poudrée de blanc.
L'accès à la vallée de la Valmasque par le bas est bien scabreux cette année avec toute cette neige. La piste est complettement comblée et s'est transformée en pente raide au dessus des gorges.
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Rocca Bastera

23 Mars 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Non, non ce n'est pas de "basse terre" qu'il s'agit, mais bien d'un sommet élancé au dessus de Limonetto. Après une journée venteuse samedi à Casterino, le pays Tendasque s'est rattrapé dimanche par une magnifique journée au soleil. Laurent Cilia nous a dégoté une belle descente depuis le rocher insolite de la Rocca Bastera.
La perturbation de vendredi a posé 20 à 30 cm de poudre dans ce secteur. Elle est restée froide jusqu'à dimanche, mais le vent a beaucoup chahuté cette chute providentielle tombée la veille du week end.

 La Rocca Bastera est bien cette magnifique aiguille au centre de la photo.

Vu d'ici, le sommet ne parait pas taillé pour le ski... Et pourtant.

Situé entre le Chiamossero et la célèbre cime de l'Abisse, cette combe à l'accès un peu raide ne fait pas le poids. Et pourtant elle recèle des sommets superbes pour le ski.  L'ambiance est très alpine dans un cirque de montagne dominé par la face nord de l'Abisse. On atteint la rocca Bastera en montant par derrière en ski jusqu'à une selle neigeuse 30m sous le sommet. Seuls les derniers mètres nécessitent de monter dans les rochers à pied jusqu'au sommet de ce phare au milieu de la combe.

Charlie fait parler la poudre dans la descente de la Rocca Bastera.

La neige froide était parfois un peu plaquée par le vent et il fallait chercher les  passages plus abrités pour pouvoir se lacher  dans la pente.
Le Mont Frisson s'élance juste devant le Viso qui pointe au fond.

Son versant sud peut également être un bon objectif à venir pour la neige transfo.

Du sommet de la Rocca Bastera, il est possible de faire une boucle en redescendant dans le cirque au pied de la face nord de l'Abisse. Un itinéraire à repérer à la montée permet de longer les rochers de l'Abisse et de rejoindre l'itinéraire de montée seulement au fond du vallon.

Laurent dans le couloir du bas  de la descente, où la neige devient excellente.

Encore une belle journée dans le val Vermagna que les tendasques ont adopté depuis longtemps comme annexe de la Roya.

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Le printemps est là

16 Mars 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Qui dit printemps, dit transfo. C'est le culte d'un savant mélange de neige est d'eau sur quelques centimètres surmontant un fond de neige dure regelée. Le ski devient facile comme sur une piste bien préparée par la dameuse. Ca tourne tout seul et on se prend à rêver comme chaque année que l'on a fait de sacrés progrès en ski cet hiver.

Ca paaassseee!
 
En plus ce printemps est très enneigé par chez nous et tout est skiable.... même la "cabane mouton" dans la combe de la Guerche au dessus d'Isola.

Encore un alpage sous la neige pour un bon moment.


Ce week end nous a emmené d'Isola 2000, jusqu'à Bagni Di Vinadio pour une boucle de ski 4****. En plus les termes de Bagni permettent une bonne récupération musculaire grâce au SPA et aux massages. Idéal pour repartir en pleine forme vers les cimes le lendemain.
La boucle en ski de randonnée depuis la France vers Bagni di Vinadio présente de multiples variantes possibles, mais toutes sont relativement techniques pour descendre sur les versants italiens abrupts et sauvages. Quel contraste entre la vallée de la Guerche où quelques fleurs pointent déjà le bout du nez et la vallée de Bagni di Vinadio où les locaux s'entraînent encore au piolet traction sur une tour de glace.


Face sud du Mt Stelière. 
Face à nous, dans l'ombre c'est la longue vallée de St Anna qui descend du col de la Lombarde.
Arrivée au village de Bagni Di Vinadio après une folle descente de 1400m de dénivelé, où l'on a même trouvé un semblant de poudreuse nichée dans ces immenses versants Nords Italiens.
 

Ici aussi l'hiver a été rude, mais aucune maison n'a été rasée par les avalanches centenaires.
L'urbanisme piemontait serait il plus prévoyant des risques naturels que l'urbanisme de notre folle vallée de la Tinée? En tout cas la culture du risque d'avalanche est bien présente chez nos amis piémontais: Cunéo news.

Descente mythique de la face sud de la cime Rognosa de la Guerche. Tout au fond, vue plongeante sur la route d'Isola 2000.


Pour l'itinéraire, il faut suivre en haut la sensationnelle crête sud sur 350m de dénivelé, puis basculer à droite pour rejoindre la cabane mouton par de larges couloirs.

  Muriel sur la crête sud aérienne de la Rognosa del Guerche, sur fond de Mounier.
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Grande traversée nordique....

9 Mars 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

La Grande Traversée de la Colmiane aux gorges de Valabre: ce n'est quand même pas du ski nordique mais on s'en rapproche. Samedi, nous nous sommes lancés avec Mumu, Vince, Mathieu et Martin depuis la Colmiane en direction du Giraud. Heureusement  Vince déborde d'énergie et nous fait une trace éprouvante dans une grosse épaisseur de neige fraîche collante. De traversée, en traversée à flanc par les lacs des Millefonts on se dit que le retour par le même chemin risque d'être bien trop plat.
 Arrivée au sommet de la Cime des Lauses à la suite d'une divagation  dans les vallons des Millefonts à la recherche des pentes les moins avalancheuses.

Arrivée au sommet de la cime des Lauses, un brin de folie et d'enthousiasme général nous fait opter pour une descente en versant Nord par le vallon sauvage de Mollière et ses 2000m de dénivelé négatif jusqu'à la route de la Tinée. Contrairement à toute attente, le retour en stop à la voiture n'a pas posé de problème, mais cette descente interminable n'a pas été un grand moment de ski académique. Dans le vallon de Margès, en dessous de 1800m d'altitude, la grosse épaisseur de neige fraîche était si collante qu'il aurait fallu bien plus de pente pour se faire plaisir à ski. Puis le bas du vallon de Mollière a nécessité une grosse demi heure de portage. Finalement cette randonnée nous aura permis de faire un plein de sauvagerie avec le village semi abandonné de Mollière, les dizaines de culots d'avalanches monstrueuses obstruant le fond du vallon, les gorges encaissées du bas entre des versants de 2000m de dénivelées.

La place centrale du village de Mollière qui hiberne sous la neige.

On a l'impression d'être dans un décors de far-west en traversant ce village désert. Les brigands, en embuscade sur le toit d'une ruine, vont ils nous détroussés de nos ski high tech?

Dimanche la neige fraîche était déjà un peu mieux tassée et le ski se faisait plus agréable. Les conditions de neige devraient s'améliorer assez vite en ce début de semaine pour tendre vers la moquette parfaite à 10h.

Descente, avec vue mer, sur St Grat  dans la vallée de la Gordolasque depuis les environs de la Vallette de Prals: un régal de beau ski par rapport à la veille.

Il doit y avoir environ 1m de neige tassée dans le bas des pentes rarement enneigées en versant sud au-dessus de St Grat!!

 

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