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Stage canyon des guides à Annot

8 Juin 2010 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Voila quelques images marquantes de la semaine de formation professionnelle pour encadrer l'activité canyon.

Il faut bien dire que  le canyon n'est pas vraiment le coeur de métier du guide de haute montagne. Certains auraient même une aversion prononcée pour l'eau. Alors mettre la tête sous des cascades, n'en parlons pas. A moins que les dites cascades soient glacées, et là, leurs yeux se mettent à briller.

 

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 Le moment clef de chaque journée de canyon: le passage au bar d'Annot.

Le débrifing va bon train sur les sensations d'humidité et de froidure de la journée.

 

Et finalement, passées les appréhensions de noyade de chacun lors de la première journée dans le Verdon en crue, l'ambiance est plutôt détendue au fil de la semaine.

Le bilan de la saison de ski de chacun se précise, et le débrinfing des expériences professionnelles de l'hiver va bon train.

Et puis, l'aptitude au canyon des guides se dessine au cours de la semaine:

Comme dirait certains prof: " les guides sont ils vraiment fait pour se déguiser au pneu au fond d'une gouille?". Certe, c'est un gagne-pain qui peut être indispensable pour compléter la saison dans le sud.

 

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 Préoccupation majeur des stagières pendant la semaine: comment ne pas se mouiller?

 

Par ce que déjà que notre combinaison de cosmonaute retient en permanence de l'eau contre la peau... Faudrait pas trop en rajouter!

 Parfois il a bien fallu se mettre à l'eau comme ici dans le Riolan. Quel bonheur de se faire ramener par le courant sous la cascade pour parfaire la douche de la journée.

 

Heureusement qu'il y a de beaux spots de couennes au soleil vers Annot pour sécher un peu les guides chaque soir!

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On a quand même révisé moult manip de progression et de sécurité. Car il y en a quand même un rayon à apprendre pour être un parfait canyoneur.

 

Pas d'inquiétude à avoir si vous partez en canyon avec un guide de haute montagne, vous ne risquez pas de vous éterniser dans le canyon. Faites lui confiance pour la  détente.

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Un diplôme à la rentrée! Pas banal!

3 Septembre 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Aspirant Guide de Haute Montagne
Il parait que c'est le diplôme que je viens de valider après une saison estivale à Chamonix. Et ce fut rude croyez moi!
Imaginez la torture: une saison d'été dans le massif du Mont Blanc.
J'ai eu l'impression d'être au Paris de la Montagne où le boulot/métro /dodo se transforme en téléphérique/grimpe/dodo avec sandwich sodebo à midi  Et puis où ont ils mis les animaux? Chamois, bouquetin, rapaces, faucons... Ils ont du fuir la foule ou bien ont-ils été effrayés par les quantités d'avions de tourismes qui rasent les montagnes pour un vol panoramique sur les glaciers.

 

 Regardez un peu ce monde à l'assaut de l'arête de la table à l'aiguille du Tour.
 
Bon il faut dire que le pique nique sur la table géante vaut quand même bien le coup.

 

Pour couronner le tout, voila que débarque le ballet des hélicoptères. Vous croyez être tranquille après avoir surmonté quelques longueurs d'escalade délicate. Et bien non, il faudra grimper avec la hantise d'entendre arriver  le gros bourdon à tout moment. Les premières fois on croit qu'une chute de pierre arrive, et puis on s'y fait petit à petit. Et quand on vient de croiser les gens qui ont fait appelle aux secours par ce qu'ils sont "fatigués" ou qu'ils se sont engagés dans une course trop longue, on se demande vraiment quel est ce monde de fou! Pourtant j'ai commencé la haute montagne à Chamonix et j'en ai fait aussi des courses en explosant l'horaire du topo à mes débuts. Mais la sanction était un bon bivouac improvisé, et ça ne nous a jamais fait de mal. Les temps changent parait-il!

 

La plus belle journée du stage: on était enfin tout seul sur le sommet.
C'était l'arête du Jardin à l'Aiguille d'Argentière: l'arête juste derrière Camille et Bertrand.

Forcément avec la descente du glacier du milieu en glace noire, il n'y avait personne!

Enfin bon, pour rattraper le coup, c'est vrai que les montagnes ont  fière allure à Cham. Alors allez  y quand même! Et puis, les copains, la super ambiance, des profs sympa, une formation bien rodée.... Finalement ce stage aura été plein de bons souvenirs positifs pour entrer de plein pied dans le monde des pros de la Montagne. J'éspère quand même que Fred Gotardi et sa cliente du jour se remettront bien de leur pirouette sous la dent du Géant...

Et pour finir voila le clou de ce séjour à Chamonix.

Un quartz de 20kg!

Visez un peu la taille du cahier 21x29.7 derrière!!!

Voila de quoi rêver de retournez très vite à chamonix avec une baramine en guise de piolet!!
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Neige du 30 octobre

30 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Voila la photo coup de coeur du jour:
C'est le Mercantour tout de blanc vétu, vu depuis Nice - St Augustin, ce jeudi matin, avant même qu'une photo ne soit publiée dans Nice Matin.

 
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Pakistan version mixte

17 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

All our regards to all the Pakistanese we met during this trip. Thank you for being so kind and welcoming with us. Your country, scattered with unique mountains, is magnificient.

Un petit bonjour à tous les Pakistanais que l'on a croisés pendant ce voyage. Merci à tous pour votre gentillesse et votre accueil dans votre beau pays aux montagnes uniques.


Ci dessus des fleurs de glace qui se formaient la nuit autour du camp de base et les enfants de Hushe qui sortent de toutes les maisons pour apprendre quelques mots d'anglais avec les touristes.

Et oui à 4000m au début de l'hiver au Pakistan il peut faire froid. Et si en plus le mauvais temps s'installe, on peut rester coincé sur le glacier de Charakusa. Les habitants de Hushe nous avait bien dit que cette année, l'hiver était un peu en avance et qu'il valait mieux rester à proximité du village pour grimper. Mais quand on vient de l'autre coté de la terre pour visiter les montagnes, on ne prette pas trop attention à ce genre de recommandation et on monte quand même tout là haut pour voir les merveilles de notre monde.

Voila le  site du camp de base au bord de la rivière avant les chutes de neige: un havre de paix au bord du glacier de Charakusa, entouré de pics vertigineux.

Après avoir pu profiter un peu du chaud rocher en versant sud du glacier, la neige est arrivée et au vu de l'altimètre qui montait chaque jour un peu plus, nous avons compris que l'attente allait être longue. Pour les courses de rocher pur, la saison était vraiment finie, car par la suite, la neige n'a plus quittée sur les vires de la Nayser Brakk. Heureusement chaque éclaircie permettait un peu de fonte sur les moraines du versant sud pour nous laisser espérer qu'il n'y aurait pas 2m de neige fraîche partout le jour où le beau temps reviendrait.
 Et c'est comme ça qu'un beau matin l'herbe jaunie du camp de base à disparue sous une couche blanche plutôt froide et humide.

Puis chaque jour voyait se rajouter quelques dizaines de centimètres. Un jour notre guide nous a dit que si le temps ne s'améliorait pas, nous allions être obligés de descendre tant bien que mal en laissant tout le matos ici et que des porteurs viendraient le chercher l'été prochain.
 
 Une fois que les bouquins  emportés ont été dévorés à l'abri sous la tente, il a bien fallu se bouger un peu malgré la dépression qui ne voulait pas nous lâcher.

Nous montons donc la tente 600m au dessus du glacier dans l'espoir de pouvoir progresser un peu vers le haut. Mais le risque élevé d'avalanche ne nous laisse qu'une petite crête bien orientée au sud au dessus du camp pour profiter d'une journée d'accalmie dans un paysage hivernal.

Et puis est venu le jour où il fallait bien se décider à redescendre à Hushe en cas de mauvais temps insistant. En effet les jours étaient comptés. Par miracle, ce jour là, la météo s'est améliorée. Chargés comme des mulets avec 5 jours de nourriture nous sommes donc montés poser un camp sur le bord du glacier du Farol et 2 jours plus tard nous avons atteint un col à l'est du Farol extrême Est à 5500m d'altitude.

Voila la "meije" du Charakusa tout en granit:Le Farol extrême Est

 La face sud présente 1200m de  big wall imprenable  formé de piliers de protogine à peine fissurés




 Voila notre tente au col  Est du Farol.

 Derrière les sommets géants du Baltoro  kangri surgissent au dessus de tout.
 
Le Farol extrème Est a été tenté plusieurs fois par la ligne de cascades de glace centrale. Le groupe CAF excellence y a fait une tentative en 2004 ainsi que des américains en 2006. Chaque expé a buté sur des murs infranchissables en escalade libre au dessus du point le plus haut de la goulotte. Nous avons donc tenté l'arête Est dans l'espoir de trouver un chemin plus facile vers le sommet.





La vue du premier grand ressaut de l'arête Est depuis les environs de notre camp haut au col Est.

Pas de rampe de neige facile: les friends et les broches vont encore prendre l'air!

 Le sommet du Chogolisa en forme de tente canadienne.  Surpris de le  voir si près, nous sortons la carte.

Pas de doute, la carte est bien complétement fausse. La chaîne des Farol est placée sur une autre ligne de crête qui n'a rien à voir avec là où nous sommes.
Une fois au col, le plus épique aura été de construire un emplacement pour la tente qui ne soit pas sur l'énorme corniche surplombant le versant abrupt de l'arête. Une journée de repos et de repérage des premières longueurs nous permet de profiter du paysage fantastique qui s'offre à nous. Le temps a enfin tourné au beau. Heureusement le vent nous laisse relativement tranquille à notre col. Du coup l'emplacement est optimal avec le soleil de 7h à 19h! Après 10j de mauvais temps, nous admirons nos premiers couchés de soleil, avec le granit charakusien qui vire au orange en fin de journée.

Le lendemain nous partons pour la tentative sur l'arête. Nous choisissons de contourner un premier bastion par la gauche en passant par des dièdres moins raides. L'escalade mixte est tout de suite éprouvante et nous finissons par hisser le sac.
 En dessous de nous la vue sur le glacier de Kaberi est fantastique.

C'est une vallée avec des centaines de sommets inconnus à cause de l'accès qui passe par le Cachemire.

Peut être une vallée bientôt accessible avec le tassement du conflit Indo-
pakistanais?



 Au dessus,  les rampes de neiges visées sont plus faciles et nous permettent  de rejoindre le fil de l'arête.

Le rocher est  compact et raide autour de nous et sans cesse des petits ressauts  débonnaires de loin compliquent l'ascension une fois dedans.
Très vite, on comprend qu'il ne sera pas jouable de monter au sommet dans la journée à la vitesse où nous progressons. Tant pis, on montera le plus haut possible en direction de la première antécime pour profiter de notre dernière course au Pakistan. Au fur et à mesure que l'on monte, la vue devient gigantesque sur les sommets du Baltoro tout proche et sur le bassin de Charakusa avec la pyramide du Drifica que l'on voit enfin en entier.


 De rampe  de mixte en  courte portions de glace, le cheminement vers le sommet parrait jouable, mais nous sommes décidément trop lent et nous décidons de descendre avant d'avoir atteint la première antécime.
 La descente en rappel qui nous vaudra un coincement de corde maudit dans les fissures franches de granit.

Le lendemain la descente jusqu'au camp de base sera éprouvante. Heureusement Ishaq est venu à notre rencontre sur le glacier pour nous aider à porter les sacs. Une fois au camp de base, les porteurs sont déjà arrivés pour descendre le lendemain vers Hushe. Visiblement tout le monde est pressé de descendre de ces montagnes où l'hiver s'installe petit à petit. En plus c'est  la fin du Ramadan dans 2 jours et ils ne veulent pas louper la fête qui va avec. Nous aussi d'ailleurs, même si nous ne nous sommes pas privés des bons petits plats du cook pendant un mois.

Dernière matinée au réveil difficile, perchée sur notre arête au col Est du Farol.

On voit ce qu'il reste de la corniche que nous avons effondré en creusant un emplacement pour la tente!

Voila une photo de la famille de notre guide Raza avec qui nous avons passé les fêtes du Ramadan à Skardu. A droite c'est moi, avec Raza et ses deux fils (Rhibert et Tensir) au Sapara Lake qui est le réservoir d'eau naturel de la ville de Skardu. A gauche c'est Ishaq et  Altaf : le cuisto et le porteur les plus inséparables du camp de base. Sans eux, pas de bon chapati tous les matins! Merci encore pour tous les bons petits plats (TROP!!) épicés qui nous ont fait patienter sous la neige.




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Pakistan version grimpe

8 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin




Nous avons visité la vallée de Charakusa (à prononcer "Saraksa") dans une ambiance hivernale. Comme de nombreuses zones du Karakorum, ce coin est un paradis de l'alpinisme avec le rocher de Chamonix sur des aiguilles à la dimension himalayenne. Pas mal de récits d'expé dans cette vallée parlent d'un mois septembre au temps stable et sec. Pourtant nous avons essuyé une dizaine de jours de mauvais temps pendant ce mois de septembre 2008 moins estival qu'habituellement dans cette région. Mais l'ensemble du séjour nous aura permis des escalades enthousiasmantes sur du granit monolithique comme nous n'avions jamais vu. Le beau temps revenant à la fin, nous avons fait aussi une tentative de 5j sur le Farol extrême Est à 6250m par son arête Sud Est, dans un décors de haute montagne fantastique, à batailler dans du mixte entre des piliers de granit rouge déversant. A lire aussi sur cette vallée les articles de 2007 de l'incontournable blog américain "alpinestyle".

Le voyage commence par 2 jour de route le long de l'indus par la célèbre Karakorum High Way.

Une grande dépression automnale sévit déjà sur les lieux. Du coup il n'y a aucun vol pour Skardu depuis une semaine et tout le massif est blanc à 3500m: ça promet!
Au village de Hushe tout le monde rentre du bois pour l'hiver et tente d'abriter les fenaisons de la pluie.

Le Masherbrum se laisse admirer au fond de la vallée.

Le glacier de Charakusa est située dans la vallée de Hushe qui attire chaque année les grimpeurs du monde entier grâce à une concentration de tours granitiques facile d'accès. Ici le rocher est toujours bon, voir excellent par endroit, comme dans la vallée de Nangma ou sur les piliers du K7. Pour le glacier de Charakusa, c'est au fond à droite. Il faut compter 3 journées pour remontée le long de son flanc en empruntant une moraine étroite qui passe au pied d'une ribambelle de tours rocheuses à faire frémir les aiguilles de Chamonix. La traversée du glacier descendant du Chogolisa oblige à quelques passages de moraines acrobatiques.

La vallée de Charakusa est ouverte aux alpinistes depuis une petite dizaine d'année. Elle a été mise sur le devant de la scène en 2003, quand Steve House révolutionne le style alpin au K7, 6940m. Sur ce sommet qui n'avait été atteint que par des japonnais en technique lourde, il gravi en 41h en solo la face sud par un itinéraire en partie nouveau. Cet exploit lui vaut la distinction du piolet d'or en 2004. Pour tout amateur d'expédition légère, la visite dans cette vallée s'impose presque comme un pélerinage pour rêver un peu à des ascensions rapides sur des  sommets exceptionnels.

 

 La lune se lève  au dessus du pic Hassin au fond du Charakusa.

Dans quelques jours elle sera pleine, puis à la prochaine nouvelle lune il sera temps de redescendre dans la vallée pour la fin du Ramadan au risque de ne pas trouver de porteurs qui font alors la fête 4 jours durant.
 La soirée au camp rythmé par le " musical program" concocté par les porteurs qui se lâchent heureux de pouvoir encore travailler un peu en septembre, habituellement  début de la saison morte et heureux passer  quelques jours ensemble en montagne pour monter notre bardas tout la haut.
 

Une fois au camp de base à 4000m, le temps est magnifique les premiers jours et nous attaquons directement les festivités par de bonnes session de grimpe. Les faces sud des aiguilles les plus basses se déneigent vite et s'y prêtent parfaitement . L'ambiance est démente dans ce paysage que nous découvrons chaque jours un peu plus. Il n'y a pas âme qui vive dans la vallée en cette saison et on a le sentiment d'être des êtres privilégiés à pouvoir admirer chaque jour ces centaines de pics.


Grand beau,  le K6 qui fume un peu derrière, le rocher parfait au soleil: tout pour être heureux. 
   Dans le pilier de "No Tasty Talking" sur la Nayser Brak. Une voie évidente et irresistible  qui s'est révélée pas facile du tout.
Les cotations américaines nous jouerons quelques tours quand nous attaquons THE voie de Steve House :"Tasty Talking". En fait il fallait lire entre les lignes 6c/7a soutenu avec des pas d'artif. Autant dire que l'on a fait demi tour au bout de quelques longueurs d'anthologie, qui nous ont plus que chauffé les bras. Mais le bonheur de grimper dans ce bout du monde est vraiment là au milieu de ces pics de "ouf à chercher un itinéraire possible parmis les fissures au dessus de nous.

Et voila de quoi grimper juste au dessus du camp de base!

A gauche la fière aiguille de la Nayser Brak pointe vers le ciel.

A droite une aiguille que nous avons nommée "Base Camp Brakk", où nous avons grimpé un nouvel itinéraire très abordable.   

 Sur le granit de  la voie de l'Arc de Cercle, dont la difficulté augmente progressivement en passant d'un système de vires en 3, à de belles longueurs de 6b sur la fin.

Le K6, en fond de paysage, écroule tranquillement ses tonnes de séracs à tous moment.


 
L'intégrale de l'arête sommitale reste à faire. Avant un ressaut raide, nous nous sommes échappés par des vires vers 4600m en face ouest. Nous avons trouvé une descente commode par un couloir de neige quelques mètres au nord du sommet. Ce raid couloir  Nord/Est ramène directement sur le glacier au pied du pic Bétatrice.

 Muriel cherche où placer le bon piton dans le haut de l'Arc de Cercle.

Le soleil joue à cache cache ce jour là, mais la météo est encore à peu près anticyclonique.

Ces nuages ne sont que les prémices du pire qui arrivera quelques jours plus tard sous forme de tombereaux de neige.
Pour grimper en versant sud, il y a aussi tous les piliers au pied du K7 qui ont quasiment tous été gravis ces dernières années. Nous n'y sommes pas allés car leur orientation sud / ouest les privait de soleil  avant 11h. Ils sont donc restés un peu plâtrés de neige en permanence. C'est sur ces piliers qu'ont sévi la célèbre expé de grimpeurs belges de l'année dernière avec Favresse et Villaneuva.

 La face ouest du K7 ouest  présente 1500m de granit surmontée de 1000m de mixte pour un sommet à 6800m: un défi pour les générations futurs qui devraient sûrement s'y intéresser de près.


 Un peu d'escalade pour s'acclimater doucement à l'altitude: un bon moyen pour se faire plaisir sans avoir trop mal à la tête comme bien souvent quand on essaye de monter trop vite à 6000m.
 Un peu exténué en fin d'après midi non loin du sommet du Base Camp Brakk.

Juste à ma droite, le sommet du Kapura à 6545m et  au bout à droite la Haji Brakk dont la goulotte centrale a été gravie par Steve House en solo!!
 

Finalement tout aurait vraiment été parfait si la météo était restée au beau temps comme ces 5 premiers jours au camp de base.
Suite des photos et du récit à venir, avec l'arrivée des grands méchants flocons, le temps des camps haut perchés, le temps du mixte et des paysages d'altitude en direction du Farol.

 Et voila les truck du Pakistan tous plus beau les uns que les autres. Ca change des semi-remorques aux couleurs fadasses de chez nous.



Tensir et Rhibert (Les 2 enfans de notre guide Raza) et leur cousin découvrent l'ordinateur que leur père à emprunter à un ami pour écrire un livre cet hiver: un futur best seller racontant la vie d'un guide du Baltistan.
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Riu de Pierlas

18 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Nous sommes allés descendre le canyon du Riou de Pierlas dans le grand bassin versant du dômes des Cluots du Cians. Je voulais quand même faire un petit article, même si nous n'avions pas d'appareil photo, car ce canyon a remonté mon estime pour cette activité de descente aquatique. Il y avait suffisamernt d'eau, sûrement grâce aux orages de la veille, et  nous nous sommes régalés. Pour les photos vous pouvez toujours voir celles de "Evasion verticale" prises en avril de cette année. (L'eau devait être froide, non?)

Je ne me souviens pas avoir déjà fait un canyon aussi technique et esthétique. C'est vrai que mes souvenirs datent déjà, mais il doit bien y avoir deux fois plus de rappels qu'au Raton, non? Ma soeur, Laure, ayant apprivoisé la technique du rappel au Cramassouri, nous partons donc avec la famille en vacances pour un canyon que je pense un peu plus représentatif de l'ampleur des canyons des Alpes Maritimes. Et bien nous n'avons pas été déçu. C'était tout simplement merveilleux. Des centaines de cascades les unes sous les autres, dont pas mal nous ont obligé à rabouter nos deux cordes de 45m de  peur de ne pas arriver jusqu'à la vasque suivante pour s'engouffrer dans ce long système de tubes jusqu'aux entrailles de la terre. Certaines cascades sont arrosées sous un dévers, d'autres sous la forme de méga toboggan à descendre avec la corde, d'autres rappels franchissent plusieurs bassins perchés successifs, d'autres sous des blocs coincés, d'autres dans des puits sombres, d'autres dans des étroitures où il faudra se débarasser du sac à dos... Et le tout dans le rocher rouge des pélites du Cians qui donne une touche d'exotisme au site, parsemé de touffes de lavandes.

Bref c'est le délire, et en plus on n'en voit pas le bout. Il faut être sacrément au point sur les manip pour ne pas perdre de temps. Le mieux est d'être au moins deux personnes autonomes afin de se relayer pour installer les cordes et faire descendre tout le monde pendant que l'autre récupère la corde précédente. Nous avons mis 5h sans traîner pour le canyon lui même, auquelles il faut rajouter la marche d'approche panoramique et le retour: bref une grande journée de plein air. Au fait, une info importante: Le canyon n'est pas celui du point coté 1566 sur IGN comme indiqué sur le topo "canyons sauvages du 06", mais bien le vallon précédent où l'on voit un spit juste en dessous du chemin des traverses.
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Canyons de l'Esteron

7 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Quand les falaises de l'Esteron brulent de chaleur en été, tout le monde ne pense qu'à se baigner dans les vasques d'eau limpide des canyons et rivières du massif.
En plus cette année les débits sont encore sympathiques pour parcourir les canyons qui sont parfois trop sec en plein été dans l'Esteron: Maubonette / Gros Riou de Cuébris, Pierrefeu, Ciavarlina...

Le canyon de Cuébris traverse un verrou rocheux par de beaux encaissements et une cascade de 25m. 2 options pour la cascade: en rive droite dans l'eau ou en rive gauche par un rappel en dehors du débit qui passe à travers un gros tube.
La cascade de Cuébris couverte de tuf qui forme un tunnel au travers duquel on descend en rappel.

Pour la descente directe sous l'eau, attention au débit qui était encore un peu important ce 5 juillet.

Dimanche nous sommes allés au canyon de Pierrefeu avec un débit également sympathique. Une multitude de vasques les unes sous les autres, reliés par autant de toboggans ludiques. Voila de quoi se rafraîchir sous un soleil généreux. Le débouché du canyon dans l'Estéron arrive comme une récompense: il n'y a plus qu'à se laisser flotter et emporter par le gros débit de l'Estéron qui pulse assez pour nous emmener à la fin du parcours.

 Voila les triathloniens qui se détendent dans le canyon de Pierrefeu: Math au saut, Jo à la réception et Vince caché dans l'ombre dans la vasque.

La veille ils ont inventé le triathlon de l'Estéron: une voie à Aiglun + le Canyon de Maubonette + le tour du Mt Vial en VTT.

Quelle journée au grand air!

 Rappel d'une vasque à l'autre dans le Canyon de Pierrefeu.
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Langtang Himal

5 Novembre 2007 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

La météo n'a pas été notre allié durant cette expé au Népal: de belles montagnes immaculées par les neiges de la mousson, mais encore beaucoup trop de précipitations pour ce mois d'octobre 2007. L'ambiance népalaise et les paysages du trek ont eux été à la hauteur.

La vallée du Langtang est une des plus proches de Katmandou. On y accède par une journée de bus en remontant la vallée de la rivière Trisuli (la piste est souvent coupée par des glissements de terrain). Le trek commence au bout de la piste au village de Dunche ou à celui de Syabru Besi. Le bas de la vallée est du coup assez parcouru par les trekkeurs avec des lodges dans chaque village. Il faut 3 ou 4 jours pour monter dans cette vallée très encaissée jusqu'au dernier village : Kyangjin Gompa.

Le Langtang Lirung vu depuis le chemin d'accès aux lacs sacrés de Gosaïkund.        
C'est le plus haut sommet de la vallée du Langtang à  plus de 7200m.
Le trek d'accès au Langtang passe au pied de ce géant qui garde l'entrée de la vallée.     
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Et voila les Yak :incontournables animaux des alpages népalais.

Heureusement qu'ils sont là pour pouvoir trouver un peu de fromage au fond de la vallée. La fromagerie de kyangjin nous aura bien dépanné.
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 Le Gangchenpo (6380m) se met à fumer.

C'est une autre montagne emblématique du Langtang. Le triangle mixte à droite du sommet présente de belles goulottes. Mais l'enneigement important de sa face nord à déjà fait renoncer plusieurs expés.
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L'objectif initial était le sommet principal encore vierge du Langshisa Ri à 6450m. C'est un sommet ouvert aux alpinistes depuis 2004 dans la liste des Trekking Peaks. Le prix du permis n'est donc pas trop cher. Pourtant il n'a rien d'un sommet facile et les 2 expés des années passées s'y sont cassés les dents: un groupe de Japonais a été victimes d'avalanches et des Coréens avaient déjà tentés ce sommet.


Langshisa-Ri.jpg Voila le versant ouest du Langshisa Ri tel qu'il apparait au fond de la vallée du Langtang, juste après une chute de neige de plus.
DSCN2271.JPG Une vue de la face sud du sommet principal depuis le glacier supérieur. Même les couloirs de gauche sont barrés par des rochers lisses... pas facile. .
Notre tente sur le glacier supérieur avec vue sur le labyrinthe des crevasses.

Après une matinée de repérage depuis le camp haut, il faut se rendre à l'évidence: nous avions sous estimé les difficultés. Le sommet ne passe pas directement et la voie la plus facile nécessite de monter d'abord à une antécime à 6100m sur l'arête principale menant au sommet. Il faudrait revenir avec 2 ou 3 j de nourriture de plus pour pouvoir faire encore un camp au sommet du dôme à 6100m. Nous ne sommes pas très motivé pour faire un aller / retour au camp de base après ces 2 journées passées à porter le matos tout la haut. Finalement la météo décidera pour nous, car une grosse période de mauvais temps décide le replis au camp de base en écoutant gronder les avalanches.

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Une vue sur le col où l'on avait fait le premier camp haut, au pied de l'aiguille rocheuse ensoleillée.

En arrière plan c'est encore un sommet vierge du coin: face nord de l'Urgyenmang à 6150m.


L'accès  au camp de bas du Langshisa-Ri n'a pas été sans encombres. Ici la traversée de la Langtang khola avec les porteurs: Après une journée pour chercher un passage, on a bien cru qu'il serait impossible de traverser cette rivière... DSCN2237.JPG
   
Vue de la face Nord/ Est du Gangchenpo depuis le Langshisa Ri.
Une goulotte paraissait jouable dans la pyramide de droite. Nous avons installer un camp à son pied quelques jours plus tard, en vain.
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Puis un gros épisode de mauvais temps a déclenché le sauve qui peut. Même au camp de base plus personne n'était serain. Tout le monde s'est réfugié, pour la dernière nuit, dans une grotte à l'abris d'éventuelles coulées de poudre.
Le site du camp de base après la neige. Dès la première éclaircie on plie les bagages et on rentre vers le confort du lodge de Kyangin Gompa par une énorme journée de descente. DSCN2318.JPG

Une fois reposé à Kyangjin, une dernière tentative parait jouable sur un sommet juste au dessus du village. La face sud du Tsangbu Ri (6700m) est impressionnante. Un véritable défi pour le 22ème siècle avec une barrière déversante soutenant le haut du pic. Son arrête sud descendant vers Kyangjin est hérissé de pointes toutes autant imprenables. Pourtant un cheminement parait possible dans la face sud de la dernière d'entre elle (atteignant quand même 6100m) qui est beaucoup moins plâtrée. Nous partons donc vers le pied du Tsangbu Ri pour une tentative de plus.

DSCN2368.JPG L'arrête sud du Tsangbu Ri, hérissée de pointes vertigineuses.

Nous avons tenté la première à droite par le long éperon descendant vers la gauche, bien marqué en son centre par un raide ressaut rocheux noir.
DSCN2336.JPG Nous sommes juste en face du versant Est du Langtang Lirung avec ses séracs qui s'écroulent à tout moment. Quelle ambiance!!
DSCN2361.JPG En voila une grande piscine, juste en dessous de notre camp de base avancé sur la moraine du glacier descendant du Langtang Lirung.

Nous voila parti dans cette face du Tsangbu Ri par une nuit, puis une journée qui commençait bien. Les premiers murs rocheux s'escaladent facilement et le gros ressaut noir central se laisse contourner par une goulotte assez pratique. Seulement c'était sans compter avec la neige qui s'invite une fois de plus vers 12h et qui tombe de plus en plus fort. Nous avons pris pied sur l'arête neigeuse qui mène maintenant plus facilement au sommet encore 700m plus haut. Mais avec ce mauvais temps, il n'est plus possible de continuer en sécurité. Nous ne pouvons pas non plus attendre le lendemain en espérant une accalmie car nous n'avons pas de tente ni duvet.  Le  style alpin extra litgh ne supporte pas le mauvais temps. Nous avons emporté tout au plus de quoi faire un mauvais bivouac au cas où, comme dans les Alpes!!! Quitte à devoir redescendre, autant le faire tout de suite. Finalement on se félicitera de cette décision car il neigera toute la nuit suivante et les gelures n'étaient déjà pas loin.

Le bombé glacière  que l'on franchira par la droite pour atteindre le haut du ressaut rocheux et prendre pied sur l'arête neigeuse. DSCN2351.JPG

Les milles et un rappels pour redescendre la goulotte  gravie le matin même. Vive les abalakofs!

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Après l'aventure alpinistique, il reste l'aventure du trekking pour rentrer à katmandu. Nous avions prévu de quitter la vallée du Langtang en passant le col du Ganga La à 5100m. Seulement les multiples chutes de neige ont rendu ce chemin difficilement praticable pour les porteurs, et il faudra être très convaincant pour franchir ce col. Heureusement une équipe de trekkeurs était passé par là, dans l'autre sens, quelques jours avant. Sous la neige fraiche, une vieille trace durcie nous à permis de passer le col avec les népalais mal chaussés. 

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Le col du Ganga La vu du sommet du Tsergo Ri au dessus de Kyangjin Gompa.

Quand on devra le franchir la neige arrivera en bas de la photo!!

 

La dernière pente avant le col.

Nous sommes montés au col en 2j depuis Kyangjin. Les 400 derniers mètres de dénivelés auront été gagnés petits à petits en taillant des marches au piolet pour que les porteurs puissent passer avec leur baskets
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Toute l'équipe heureuse au col avec les 2 porteurs à gauche, le cook et son grand sourir au centre et Muriel et Moi à droite.

Il manque notre guide népalais ( Tulsi ) qui prend la photo.
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Vue de la vallée du Langtang  depuis le col du Ganga La.

On voit même le versant Népalais du Shishapangma qui est le 8000m le plus proche.
Vue-Ganga-La.jpg

Derrière le col, une descente de 4 jours nous a fait traverser tous les étages de végations en passant par les alpages, la jungle, les champs de millet et d'orge, puis les rizières. Cette descente par les collines de l'Helambu nous aura permis un retour en douceur vers la civilisation. Nous sommes arrivés à la route à Mélanchipul Bazard. Encore 5h de voyage sur le toit d'un bus et c'est le retour dans le brouaha de Kathmandou.

Les moines  de l'Hélambu ont mis leurs beaux habits pour la fête de Dasain. Tout le Népal était en fête à cette occasion: Nous avons trouvé les maisons et les voitures décorés en rentrant à Kathmandou fin octobre.
Un des multiples "Stupa" de l'Helambu qui est une région fortement marquée par le Bouddhisme: Bouddha en or et  autre "chorten" ne manquaient le long du chemin.

Pour l'organisation de l'expé depuis Kathmandou, nous sommes passés par Trinetra. Cette petite agence népalaise francophone s'est révélée très efficace et coopérative pour l'organisation de notre expé sur mesure pour 2 personnes. Merci à eux et surtout à notre guide "Tulsi" sans qui l'organisation du travail des porteurs aurait été impossible.
Si vous voulez plus d'info sur le Langtang pour partir grimper là bas, n'hesitez pas à m'envoyer vos questions. Merci d'ailleurs à Hervé Qualizza et Mickaël Dubois pour toutes leur précieuses indications qui nous ont aidés à organiser ce voyage.
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Neige d'été

21 Septembre 2007 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

En attendant les premières chutes de neige (qui arrivent chaque année le 18 novembre exactement, dixit George Torreli), voila une photo du Mont Blanc. C'est mon papa qui est allé encore une fois tout la haut! 

C'est la fameuse "arête des bosses" entre l'ombre et la lumière, entre ciel et terre, entre le versant hostile des séracs et celui plus avenant de la trace conduisant l'humanitée vers le sommet.
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Condition Argentera

17 Juillet 2007 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Voila une photo de l'Argentera prise du sommet du Giegn le 13 juillet.
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Il reste encore un peu de neige au pied de certaines voies de la Nasta. Plus de neige au pied du Corno Stella ni dans l'éperon Campia à l'Argentera. C'est l'été!
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