REVALPIN
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A l'ombre de la Nasta

1 Septembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Mais pourquoi le topo d'alpinisme autour de la Nasta porte un nom pareil : "à l'ombre de la Nasta"? Ca donne pas trop envie d'aller dans le coin, sombre, glauque, austère... Et bien, la face principale de la Nasta est orientée bien à l'ouest et même un peu NW. Du coup on y grimpe le plus souvent à l'ombre, à moins d'attaquer une voie en fin d'après midi. En plein été, la fraicheur est tout de même acceptable et le soleil peut vous rattraper au milieu de la voie si les nuages ne viennent pas jouer les troubles faits.
A son avantage, la Nasta possède un beau gneiss, formant un formidable pinacle pointé vers le ciel vu du refuge Remondino. D'ailleurs le refuge était tenu par 2 gardiennes dont une parlait français: un accueil qui nous a ravi. Et si vous n'aimez pas, nous avons construit pour vous un bivouac de rêve tout en pierre avec porte et fenêtre, à 20 min du refuge au bord du chemin qui monte vers la voie normale de l'Argentera. Avec 2 karimats et des duvets, il y a de quoi passer une nuit bien au calme.
L'orage éclate  en descendant de l'Argentera? Voila un abri 2 places tout en pierre pour vous protéger de  la pluie ou passer une nuit hors du commun sur une grande dalle de rocher.

Il est situé non loin du chemin à l'aplomb de l'aiguillette Nord de la Nasta.

Juste à droite c'est le sommet de la Nasta qui se découpe dans le ciel bleu.

 Muriel cherche l'itinéraire sur la belle quartzite de la Nasta avant de jurer un coup contre ces satanés spits toujours trop haut pour que les moins d'1m70 puissent les clipper facilement!

Le soleil est là, mais la doudoune et le bonnet se supporte bien!!
L'été 2008 aura été plutôt frais non?



Nous avons grimpé la voie presque classique "Le Bouquet des Amis", qui doit être maintenant la plus parcourue de cette face. Attention aux termes "tout équipé" de certains topos. Les goujons sont bien loin et il faut prendre un jeu de cablés et coinceurs plutôt petits jusqu'au n°1 camalot. Nous avons trouvé la première longueur la plus difficile, surtout sur le rocher gelé du matin, dans des murs polis par un glacier maintenant disparu. Si vous passez cet obstacle qui vaut peut être 6b, le reste devrait dérouler. La partie médiane de la voie est très belle sur un pilier aérien où nous avons joué à cache cache avec le soleil. En haut du "Bouquet des Amis" on rejoint la voie "Vernet" que l'on suit sur 3 longueurs jusqu'au sommet. Cette partie est bien équipé de pitons.

Le névé résiste  au pied de la Nasta en cette fin d'été. "A l'ombre de la Nasta" il n'y a pas que les grimpeurs qui sont conservés bien au frais: un vrai frigo cette face.
   Et voila le sommet et sa croix avec une cordée de 2 italiens de Cunéo sur l'arrête.

Ces 2 amis du fameux Mario Monaco (pour ceux qui suivent) ont fait une voie d'époque tout sur piton dans la facette bien raide de gauche: ça avait l'air classe.

Pour ceux qui voudraient faire du plus dur, il y a une nouvelle voie 30m à droite qui tape dans 7a. 5 longueurs de grande ambiance d'après les premiers répétiteurs. Cette voie rejoint le Bouquet des Amis au milieu. Dans R4 nous avons croisé le relais sur goujons de 8mm de cette nouvelle voie. Il ne faut pas s'y arrêter et continuer jusqu'au relais suivant.
Le topo des voies de la Nasta est disponible au refuge Remondino.

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Riu de Pierlas

18 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Nous sommes allés descendre le canyon du Riou de Pierlas dans le grand bassin versant du dômes des Cluots du Cians. Je voulais quand même faire un petit article, même si nous n'avions pas d'appareil photo, car ce canyon a remonté mon estime pour cette activité de descente aquatique. Il y avait suffisamernt d'eau, sûrement grâce aux orages de la veille, et  nous nous sommes régalés. Pour les photos vous pouvez toujours voir celles de "Evasion verticale" prises en avril de cette année. (L'eau devait être froide, non?)

Je ne me souviens pas avoir déjà fait un canyon aussi technique et esthétique. C'est vrai que mes souvenirs datent déjà, mais il doit bien y avoir deux fois plus de rappels qu'au Raton, non? Ma soeur, Laure, ayant apprivoisé la technique du rappel au Cramassouri, nous partons donc avec la famille en vacances pour un canyon que je pense un peu plus représentatif de l'ampleur des canyons des Alpes Maritimes. Et bien nous n'avons pas été déçu. C'était tout simplement merveilleux. Des centaines de cascades les unes sous les autres, dont pas mal nous ont obligé à rabouter nos deux cordes de 45m de  peur de ne pas arriver jusqu'à la vasque suivante pour s'engouffrer dans ce long système de tubes jusqu'aux entrailles de la terre. Certaines cascades sont arrosées sous un dévers, d'autres sous la forme de méga toboggan à descendre avec la corde, d'autres rappels franchissent plusieurs bassins perchés successifs, d'autres sous des blocs coincés, d'autres dans des puits sombres, d'autres dans des étroitures où il faudra se débarasser du sac à dos... Et le tout dans le rocher rouge des pélites du Cians qui donne une touche d'exotisme au site, parsemé de touffes de lavandes.

Bref c'est le délire, et en plus on n'en voit pas le bout. Il faut être sacrément au point sur les manip pour ne pas perdre de temps. Le mieux est d'être au moins deux personnes autonomes afin de se relayer pour installer les cordes et faire descendre tout le monde pendant que l'autre récupère la corde précédente. Nous avons mis 5h sans traîner pour le canyon lui même, auquelles il faut rajouter la marche d'approche panoramique et le retour: bref une grande journée de plein air. Au fait, une info importante: Le canyon n'est pas celui du point coté 1566 sur IGN comme indiqué sur le topo "canyons sauvages du 06", mais bien le vallon précédent où l'on voit un spit juste en dessous du chemin des traverses.
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Les meilleurs spots de couennes d'été sur la côte d'Azur

13 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Couennes

Mais où grimper autour de Nice en juillet et août? Cette année la grosse chaleur a attendu le 20 juillet pour investir la cote. Depuis, mieux vaut connaître les sites suffisamment au frais pour passer une journée agréable.
Les critères d'un site d'été pourraient être listés comme suit :
- une falaise qui passe à l'ombre au moins une partie de la journée
- une vallée de préférence ventilée pour vous rafraîchir dans le pas tout en haut de la voie
- une marche d'approche courte pour ne pas arriver en nage à la falaise
- un site de baignade à proximité pour se rafraîchir après avoir transpirer dans le projet de la journée
- un bar à proximité pour se désaltérer en option

Heureusement la nature nous a fourni quelques falaises répondant à une bonne partie de ces critères. Voila donc une sélection de sites d'été de Cannes à Menton ou d'Ouest en Est.
- A St Cézaire, un seul site est vraiment à l'ombre toute la journée: c'est St Sézaire 3 et 3 bis. En rive droite de la Siagnole, la falaise voit le soleil seulement à partir de 18h. Après il est tant de goûter à l'eau fraîche des superbes bassins de la Siagnole sur le chemin du retour.
- Les gorges du Loup sont connues pour la ventilation thermique qui marche presque à tous les coup par belle journée ensoleillée de 9h à 19h. Il y a bien sûr Déversée qui reste à l'ombre jusqu'à 14h. En plus on peut descendre se baigner au Loup juste en dessous du parking. Mais il y a aussi tous les secteurs "moins extrèmes" de la rive droite qui sont à l'ombre à partir de 13h. A Messa Verde il y a même des vasques magnifiques pour se baigner le long de la marche d'approche. Pour les secteurs des tunnels (Les Balcons, Jurassique, Cayenne, Pont du Loup) il faut reprendre la voiture pour se baigner en redescendant les gorges.
- Vers les gorges de la Mescla, l'Arche d'Escale est à l'ombre jusqu'à 16h et en plus vous êtes obligés de vous rafraîchir en traversant la Tinée à pied pour l'accès. De même il y a le site de la Mescla à l'ombre l'après midi. C'est la barre à colonnettes juste en face de la voie montante des gorges un peu en amont de la sortie du grand tunnel de la voie descendante. Là encore, il faudra traverser le Var à pied: fort courant promettant un sacré rafraîchissement.
- Plus à l'Est les falaises ombragées avec possibilité de baignade à proximité existent aussi: Le site des gorges du Piaon à Sopel permet de se baigner dans la Bévéra juste en dessous de la route et vous pouvez toujours aller rendre visite à la "Bergerie" de Breil sur Roya pour vous baigner ensuite dans la Roya ou même dans la Maglia!

Pour ceux qui ne peuvent pas trop s'exiler au frais en montagne, voila de quoi tenir tout l'été dans les Alpes Maritimes sans trop souffrir de la chaleur. N'hésitez pas à laisser un commentaire si vous connaissez d'autres sites d'été à proximité de la côte.

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Granit du Mt Blanc

13 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

Voila quelques infos sur notre sortie annuelle au massif du Mt Blanc. Au vu de la fréquentation extrême du massif, en général une seule course là bas par été suffit à nous dégoûter pour la saison. Nous avions choisi d'aller visiter le granit des piliers du Brouillard en se disant que pas grand monde aurait envie de faire 2200m d'approche pour aller dérouler quelques longueurs d'escalade. Nous voila donc partis pour le bivouac Eccles à 3800m d'altitude.

En avant sur le glacier du Brouillard au pied des piliers de granit géant qui soutiennent le Mt blanc de Courmayeur.

Le bivouac Eccles est encore assez loin sur le flanc de l'aiguille visible tout à droite de la photo, et pourtant on commence déjà à être pas mal claqué de cette longue montée.

Le glacier est chaotique, mais il se remonte encore assez bien avec de nombreux ponts de neige qui devraient tenir quasiment toute la saison grâce aux chutes de neige régulières qui arrosent le massif cet été.

Effectivement personne n'allait grimper aux piliers du Brouillard. Mais c'était sans compter avec tous les acharnés de très hautes montagnes, qui étaient aussi montés à Eccles pour assaillir le pauvre Mt Blanc par toutes ces arrêtes: Innominatta, pilier du Freney, Peuterey. En tout, environ 26 personnes à Eccles le premier soir. Autant dire qu'il était impossible de fermer l'oeil dans cette boite de sardine de 9 couchettes bondées à craquer. Heureusement tout ce monde part petit à petit dans la nuit. A partir de 4h30 nous nous retrouvons seul au refuge et il est enfin possible de se reposer un peu sur le matin. Tant pis pour l'horaire matinal, c'est tellement bon de pouvoir enfin dormir un peu. Une fois opérationnel pour grimper, les conditions ne nous laissent pas trop le choix de la voie. La saison avancée a formé d'énormes rimayes au pied du pilier central et du pilier Bomington. Seul le pied du pilier rouge est à peu près fréquentable. Pour la voie Bonatti il faut remonter un gros cône en contournant une rimaye béante. On choisi donc "les anneaux magiques" dont l'attaque était encore pourvue d'un pont de neige permettant d'atteindre le rocher.

 Le départ  de la voie par la rampe de la directissime du Pilier Rouge qui nous a permis de rejoindre L2 des "anneaux magiques". L'attaque directe de la voie Piola était défendue par un trou béant qui ne doit pas souvent passer allégrement!
 Au milieu du socle des "Anneaux magiques", toujours pas d'anneaux de rocher en vue: on nous aurait menti ou bien??

Au dessus, le pilier rouge quasi déversant menace: mais par où ça passe?

Finalement plus ou moins sur le fil gauche  de la photo.


 

Les fameux "anneaux magiques" se trouvent finalement dans la longueur la plus dure en 6c sur un mur pourvu d'écailles de rocher en forme de croissant de plus en plus fines en montant vers le haut. La longueur précédente suivant une veine de quartz blanc nous a beaucoup plu. Au dessus la voie suit une succession de fissures plus ou moins larges à la chamoniarde. Nous nous sommes un peu perdus dans le bastion en suivant des diedres trop à droite sur le fil. Visiblement nous n'étions pas les premiers, car il y a un piton et un friend coincé dans un passage plus dur.  En haut des "anneaux magiques" nous sommes redescendus en rappel sans sortir en haut du pilier car la journée était déjà bien avancée. En plus il faut remonter la corde fixe qui permet de descendre à l'étage inférieur du glacier par un mur de glace raide. Il vaut mieux  prévoir un brin de 50m à fixer pour ce passage au cas où les conditions se détériorent : sérac plus haut ou chute de pierres coupant la corde.

 La sortie de la longueur clef en dalle.
 
La face est déjà passée à l'ombre à cause de notre départ tardif et il fait bien frisquet tout d'un coup.

Tout en bas le glacier du Brouillard écoule tout doucement ses tonnes de glaces qui s'écroulent régulièrement à grand fracas.
   Muriel traverse pour rejoindre la voie Piola et ses beaux relais équipés après notre fourvoyage sur le fil gazeux du pilier.

La descente en rappel est très pratique et nous n'avons pas coincé la corde.

Il y a juste un relais sur un piton et des vieilles sangles à consolider. Apparemment la voie doit en croiser une autre plus vieille à ce niveau et il n'y a donc pas de spits au relais pour ne pas modifier l'ambiance?

Finalement, le choc des cultures n'a pas été si violent que ça entre les niçois et les chamoniards. Une fois la foule partie au Mt Blanc, nous avons eu tout le cirque pour nous seul et le deuxième soir nous étions seul au bivouac: un peu plus en accord avec nos habitudes du grand sud.
Un petit coucou à Seb Meyer et sa copine qui ont du se régaler à l'arrête de l'Innominata et un grand merci à Mario Monaco de Cuneo qui nous a laissé quelques délices culinaires pour le deuxième soir après avoir buter à l'arête de Peuterey. Et quel repas de roi: les tortellinis fais maison de sa femme avec les olives et la mozarelle dans son jus. Un vrai régal tout là haut!!
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Pétrifié au Piétravecchia

28 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Depuis le temps que Fabien nous en parlait de cette falaise perchée tout en haut de sa vallée de Ligurie. L'endroit est atypique: Au milieu des alpages, sur un calcaire gris d'altitude classique à 2000m, on grimpe avec vue sur la mer à 25km de là!!! Tout là bas au fond du val Nérvia, c'est bien Vintimille que l'on voit sur la cote.

Il fallait aller rendre visite à ce Pietravecchia. Mais j'ai failli finir pétrifié dans une voie, à ne plus oser bouger un orteil de peur de me coller le vol de ma vie. Nous avons choisi la voie la plus vieille de la falaise: "Altavista". Au bout de 20m d'escalade dans L4, plus de point à l'horizon. Pourtant le rocher ne se couche pas pour autant. Le relais est visible 20m au dessus, mais impossible de se dire qu'il faut monter là haut en solo. Finalement il y a bien un spit 5m sous le relais, gris et invisible du bas. Mais avant il manque 1 ou plutôt 2 points!! Un passage 6c oblig pas de doute la dessus.

La falaise  sud du Pietravecchia: un bonheur de rocher gris raide et souvent prisu. 
Et tout ca dans un cadre de montagnes perdues à cheval entre la France et l'Italie

Le pilier de la terrifiante L4. Pourtant un gougon attend bien le grimpeur intrépide tout la haut, 5m avant le relais. Sang froid et marge nécessaire pour passer ce passage décisif de la voie. La nébia nous a déjà rattrappé à ce niveau.

Finalement les 7 longueurs d'Altavista nous auront laissé un souvenir mitigé d'un très beau rocher sculpté, mais d'un équipement engagé. En plus soit on était bien fatigués, soit les cotes sont hyper tassées. Le plus dément était le superbe 6a sur du rocher magnifique et compact. Une succession de gouttes d'eau dans un mur raide. Les spits sont plutôt rares mais on les voit de loin en loin. C'est la longueur la plus facile et surement la plus esthétique.

C'était classe, mais il faut une marge sur le niveau annoncé. Alors c'est pareil dans toutes les voies du Piétravecchia ou d'autres sont plus accessibles? Quelqu'un connaît les 2 voies de gauche qui ont l'air un peu plus facile? Fabien: "help" si tu descends des Merveilles.
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Scandale - Ponset Face NW

22 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Topos


Matériel en place: environ 50 pitons.
Matériel nécessaire: un jeu de friend du 2 au 00 BD, 4 sangles, 11 dégaines, 1 marteau pour retaper les points en place en option, cordes de 60m conseillées. Il est possible de faire des relais supplémentaires avec une corde plus courte.
Attaque: 100m à droite de la cheminée de la "Dufour Morisset", droit au dessus du point le plus haut d'un cone de cailloux. 2 pitons avec cordelette visibles à 10m de haut.
Descente: à pied en face sud du Ponset. Réchappe possible dans la voie jusqu'à R5 en rappels équipés.


L'histoire de l'ouverture et des photos en cliquant ici.

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Scandale au Ponset

22 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Le topo en cliquant ici.
Une nouvelle voie équipée de myriade de pitons, avec des relais en place permettant une réchappe vers la bas, tout ça dans la face Nord du Ponset, en plein parc National du Mercantour: UN SCANDALE. Dans cette paroi du terrain d'aventure par excellence, où l'escalade rime avec engagement, seul les "anciens" du département connaissent le tracé exact des voies existantes.


 Un petit matin frisquet à l'attaque de "Scandale" au Ponset: encore un mini névé au pied de la face.

Heureusement, les pitons laissés l'année dernière sont bien là pour se rassurer au passage du petit dévers de L1.

La "Dufour Morisset" est la seule voie régulièrement fréquentée du coin sur une sorte d'éperon entre la face N et la face NW. Il y a quelques années avec Jeannot et Mumu lors d'une ascencion de cette voie, le profil de la face NW m'avait paru assez raide pour se motiver un jour à y retourner voir de plus près. C'est chose faite en septembre 2007. En partant trop à gauche, on trouve d'abord une variante de la voie "Dufour Morisset" avec un piton de passage, qui rejoint le pilier plus haut. En cherchant plus loin au milieu de la face on trouve une succession de magnifiques fissures  aériennes : c'est là qu'il y a quelque chose de classe à faire! Arrivé à R5 on redescend en rappel pour ne pas se faire piéger par la nuit. Une autre tentative quelques semaines plus tard sera avortée à R3 à cause d'une météo glauque dans ce coin déjà assez austère pour ne pas avoir à en rajouter. Puis nous nous envolons vers le Népal et l'hiver gagnera la Haute Montagne avant notre retour.

 Muriel  test l'équipement dans L2 et donne les consignes: il faut rajouter un piton par là, il faut mettre une cordelette dans l'oeil de tel piton pour qu'il se voit mieux, il faut purger tel bloc branlant...

Nous attendrons donc jusqu'à ce dimanche 20 juillet 2008, pour avoir une journée disponible avec un rocher assez chaud et sec pour pouvoir finir la voie jusqu'en haut. Une perturbation débordant du nord a quand même essayé de nous faire buter tout en haut. Et nous avons du attendre que le rocher sèche un peu pour sortir sur l'arrête sommitale entre deux bourrasques pluvieuses. Comme dans tous les versants NW du coin (Grand Caîre de la Madonne de Fenêstre et Caïre Barel) le gneiss est couvert de lichen. Ca rend le rocher assez adhérent, sauf par temps humide où il se gorge d'eau et devient une véritable patinoire. Nous avons essayé de laisser un maximum de pitons en place pour indiquer le passage et permettre une escalade plaisante sans avoir à se servir du marteau. En tout il doit bien y avoir plus de cinquante pitons en place. Ils ne sont pas tous neuf et brillant car une bonne partie a été récupérée dans les voies des Ressauts du Baou maintenant rééquipées de scellements à la colle rose béton (?).

Le soleil rase la paroi et nous réchauffe de quelques rayons  éparses.

Muriel aux prises avec le rétablissement de L5 plein gaz au dessus du GR52 très fréquenté qui mène au Pas du Mt Colomb.

Le petit lac de la combe du Mt Colomb est bien plein cet été grâce à toute la neige qui fond lentement au dessus. Il fait le bonheur des randonneurs qui s'arrêtent sur ces rives pour une sieste bucolique après une descente grisante du Pas du Colomb en ramasse.

 Le pilier final de la voie, qui demandera encore pas mal de détermination, avant de sortir tout là haut sur l'arête.



Voila maintenant une voie de plus au Ponset pour aller faire fumer votre beau jeu de friend à proximité de Nice. Quelques passages extra vous attendent comme des fissures verticales de 30m, des passages en dalles sculptées à cupules dignes du haut de l'éperon Demenge (Cougourde), ou des dévers à bonnes prises pendu au dessus  du vide.

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Coup de froid en altitude

16 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

C'est le résumé d'un week end du 14 juillet plutôt frisquet en montagne, du moins pour les niçois que nous sommes. Les feux d'artifices étaient bien là avec un festival d'éclairs, mais pas la grande chaleur.
Pourtant tout avait bien commencé à Estenc où nous sommes allés visiter la grande barre rocheuse à gauche du site d'escalade du saut du Var.
Une grande voie, tout équipée, traverse la barre de rocher jaune, resplendissante au soleil du matin: "La Rhubarbe". On trouve le topo sur le site de Basile et Odilon originaires d'Estenc. Il faut bien dire que L2 et L3 sont en rocher particulièrement médiocre. Mais le reste est potable et l'itinéraire a le mérite d'être la seule "grande voie" clef en main du Haut Var. La voie franchit la conque délitée de la falaise en suivant une rampe plein gaz! Astucieux. 
 Le 2ème relais dans la Rhubarbe à Estenc.
 
On n'a pas vu trace de cette plante aux tiges violacées caractéristiques. Dommage, j'adore la rhubarbe en compote ou en tarte.

Le foirage grimpistique est arrivé en même temps que le froid et le temps couvert en Ubaye. Rajoutez à cela une voie assez paumatoire dans une paroi encore humide des pluies de la veille et le but n'est plus très loin. Décidément l'Ubaye est la destination à réserver pour les périodes de grosses chaleurs.
Avec un super souvenir de grimpe dans "Festival" et "Hurlevent", nous sommes retournés au Sommet Rouge dans le vallon des Ouerts. L'ambiance est toujours aussi fantastique en montant dans ce vallon où l'on découvre la grande paroi invisible de la vallée.

La voûte en pierres ancestrales de la cabane des Ouerts qui nous a  protégé pour la nuit du vent glacé du nord et des orages.
 Les premières longueurs dans le rocher parfait de "le hasard ou la nécessité" avant de se paumer et de renoncer à continuer.


 
La face Est du sommet Rouge passe assez vite à l'ombre dans la matinée et peu devenir glaciale si le vent s'en mêle. Les ouvreurs du "Dièdre de Hurlevent" ont probablement dû en faire l'expérience pour laisser un nom de baptême pareil. L'itinéraire est pourtant bien abrité par un pilier proéminent et une longueur passe même par les entrailles de la paroi.

Le lac vert porte bien son nom avec ce temps tout gris. Au fond la pointe des Ouerts attend le randonneur avide de site sauvage où l'on ne croise pas âme qui vive.

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Canyons de l'Esteron

7 Juillet 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Quand les falaises de l'Esteron brulent de chaleur en été, tout le monde ne pense qu'à se baigner dans les vasques d'eau limpide des canyons et rivières du massif.
En plus cette année les débits sont encore sympathiques pour parcourir les canyons qui sont parfois trop sec en plein été dans l'Esteron: Maubonette / Gros Riou de Cuébris, Pierrefeu, Ciavarlina...

Le canyon de Cuébris traverse un verrou rocheux par de beaux encaissements et une cascade de 25m. 2 options pour la cascade: en rive droite dans l'eau ou en rive gauche par un rappel en dehors du débit qui passe à travers un gros tube.
La cascade de Cuébris couverte de tuf qui forme un tunnel au travers duquel on descend en rappel.

Pour la descente directe sous l'eau, attention au débit qui était encore un peu important ce 5 juillet.

Dimanche nous sommes allés au canyon de Pierrefeu avec un débit également sympathique. Une multitude de vasques les unes sous les autres, reliés par autant de toboggans ludiques. Voila de quoi se rafraîchir sous un soleil généreux. Le débouché du canyon dans l'Estéron arrive comme une récompense: il n'y a plus qu'à se laisser flotter et emporter par le gros débit de l'Estéron qui pulse assez pour nous emmener à la fin du parcours.

 Voila les triathloniens qui se détendent dans le canyon de Pierrefeu: Math au saut, Jo à la réception et Vince caché dans l'ombre dans la vasque.

La veille ils ont inventé le triathlon de l'Estéron: une voie à Aiglun + le Canyon de Maubonette + le tour du Mt Vial en VTT.

Quelle journée au grand air!

 Rappel d'une vasque à l'autre dans le Canyon de Pierrefeu.
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Névés dans le Mercantour?

27 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

La chaleur est arrivée sur la cote, et le grimpeur/alpiniste azuréen commence à penser à aller grimper en montagne ces prochains jours. Effectivement les parois sont sèches et la température est agréable en montagne. Mais il ne faut pas oublier que les chutes de neige ont été abondantes cet hiver et que tout n'est pas encore fondu au pied des voies.
Il y a plus de neige résiduelle sur le Mercantour que dans les environs de la Haute Tinée et de l'Ubaye qui sont déjà bien sec. Dans le massif du Mercantour / Argentera, attendez vous à trouver de la neige à partir de 2300m en versant nord au pied des faces et 2700m en versant sud. Il faudra donc prévoir de gros névés en ce début de saison au pied de la Cougourde ou au pied de la face nord du Caïre Barel et du Ponset par exemple. Méfiance également dans les couloirs de descente si ils sont mal orientés.

Simon vous présente le névé en voie de disparition au pied du Caire des Erps le dimanche 22 juin avant une ascension avec Sergio de la voie du 11 mars.

Ca commence à être sec au pied du triangle du Pélago et du Caire des Erps, encore un peu de neige dans le couloir de descente.

Une fois pris en compte ces quelques données de conditions, cette neige est finalement une aubaine. A nous les courses en montagne dans une ambiance alpine entourés de neiges scintillantes, à nous les folles descentes sur les névés en ramasse, à nous les bivouacs avec de l'eau à portée de main dans tout le Mercantour. Certains couloirs Nord doivent même être encore bon pour faire des courses de neige en ce début juillet: allez donc voir le couloir N des Gaisses (photo ici en plein hiver) ou encore le couloir en Y de Cougourde ou encore celui des Tablasses coté Italien du pas de Préfouns. Vous ne serez pas déçu si le regel n'est pas trop mauvais par une nuit claire. Crampons au pied, un piolet à la main, des bons coup sont sûrement possibles en ce début juillet si la tempérauture descendait quand même un peu.
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