REVALPIN
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L'automne se prolonge en Sardaigne

30 Novembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Encore un peu de grimpe pour clore ce mois de novembre. Pendant que les trombes d'eau déferlent à Nice, Muriel, Marie, Jeannot et Pierre ont trouvé refuge en Sardaigne. Enfin "refuge", c'est un grand mot, car sur une ile exposée en plein vent aux perturbations méditerranéennes, le climat peut se déchaîner comme il en a l'habitude en automne.


Une grotte comme refuge pour grimper tout l'hiver en Sardaigne?


Ah, l'esprit de l'aménagement des îles de Sardaigne et de Corse: le rêve. Quand je pense que tout bon Corse se doit de détruire au passage le moindre cairn qui pourrait indiquer aux touristes le chemin à suivre pour ne pas se perdre dans garrigue. Que croyez vous qu'il se passerait dans le cas d'un projet du style "Balcon du Mercantour" en Corse?.... La révolution de l'île toute entière pour sûr!! Imaginez les refuges corses, où il n' y a même pas de couverture, transformés en hôtel!!!


Les falaises de calcaires, la mer bleue, le soleil, alors que toutes les Alpes sont déjà plongées dans l'hiver: c'est la Sardaigne. 
Nos 4 grimpeurs sont partis au sud-ouest de la Sardaigne, à Iglésias, pour cette fin de mois de novembre. Dans cette petite région Sarde, une foule de sites de grimpe permettent varier les plaisirs en passant par les grottes, les dalles, les grandes voies et même un "Pain de sucre" accessible en bateau par bonne mer. Bref c'est encore un petit bijoux de plus dans cette île qui mérite le qualificatif de paradis de la grimpe avec du soleil, du beau rocher et une ambiance typiquement méditerranéenne. Une fois là bas, on comprend qu'un grimpeur comme Morizio Oviglia y ai élu domicile au vu du potentiel incroyable de rocher à découvrir. Toutes les infos sur l'actualité de la grimpe en Sardaigne sont dispo sur Sardiniaclimb.

 Trop d'encrages dans les voies de Sardaigne pour Jean Gounand qui snobe le premier point de cette grande voie du cap de Masua! 
    Muriel dans les voies de calcaire rouge près de la grotte de St Giovanni.
A coté d'Iglésias se trouvent les beaux lacs de Monteponi et Punta Gennarta. A 30minutes de route il y a aussi la presqu'île de St Antioco. Il est possible de grimper juste au dessus de la mer sur les falaises de Masua au milieu des cactus et autres figuiers de barbarie.

La nuit tombe sur le Pain de Sucre de Masua.


Finalement la mer trop démontée n'aura pas permis d'aller grimper sur ce monolithe de rocher: seule face au large, l'ambiance "Calanque" doit y être garantie. 

 36 ans après l'ouverture de l'Ecole Buissonière à Aiglun, notre Jeannot Gounand à la recherche de l'itinéraire dans les grandes voies de l'aiguille de Masua.
 
Et puis si vous voulez voir autre chose que des falaises autour d'Iglésias, il y a pleins de ruines Nurhagiques comme dans presque toute la Sardaigne: une bonne façon d'imaginer un peu le mode de vie de ces civilisations pré-romaines en italie.

Le golf de Gonnesa, fouetté par les vagues.


Et dire que la cote d'Azur devait ressembler  à ça il y a 50 ans. Mais où l'urbanisme  s'arrêtera t il?


Enfin bon, il y a de l'espoir, on commence par démonter les Macdo sur les plages à Cagnes....


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La rebellion de l'Esteron

22 Novembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades


Voila la neige qui s'invitait presque sur le littoral ce dimanche! L'hiver sera t il plus froid que la moyenne? Voila quelques photos de la semaine dernière à Aiglun pour se réchauffer.


"Panache" : encore une voie historique où notre Bérhault  photogénique tente de libérer le fameux toit dans une double page du topo V2 des Alpes Maritimes.


Marine remonte sous le grand toit du bas de la falaise.






Il était une fois une rivière appelée Esteron qui coulait paisiblement dans l'arrière pays niçois. Fatiguée des hommes qui remontaient son cours pour exploiter les richesses de sa haute vallée, elle décida de tailler une profonde clue sous le Mt St Martin pour s'isoler de la basse vallée de l'Esteron.

La rampe déversée.



Malheureusement les hommes détournèrent cet obstacle à leur avantage pour pratiquer le canyoning et l'escalade. Ils sautaient dans les vasques éclaboussant les berges de la rivière et lui jetaient des blocs en purgeant les falaises.

Traversée descendante dans un océan de rouge.



Agacée par tant de profiteurs, la rivière décida de lâcher parfois des crues sournoises sur ses visiteurs et d'envoûter les grimpeurs par un vertige incessant.

 Couleur d'automne  sur les rives de l'Esteron.



Depuis ce jour, le temps est devenu orageux en été et les falaises d'Aiglun se sont mises à pencher terriblement dans le mauvais sens!

Dorénavant il n'est plus possible de grimper dans les dalles tranquilles d'autrefois. Les cannelures d'Aiglun se sont transformées en trous qui sont les seuls reliefs salvateurs dans ce mur. Les vires se sont transformées en autant de toits que les voies d'escalade sont obligées de contourner.

                                              

Dorénavant il n'est pas raisonnable de partir pour descendre la clue sans avoir pris au préalable la météo.


Notre ami Eric Keffer a rééquipé le début de la voie jusqu'au toit. En l'état, il faut un jeu de friends pour se protéger en plus de l'équipement en place. Pas besoin de pitons à moins que vous ne veniez à arracher une des pièces de musé en place (au voleur).
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Les Calanques pour oublier les BALCONS mercantiles du 06

15 Novembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Voila quelques photos de grimpe du pont du 11 novembre dans les calanques, pour se remonter le moral en ces temps difficiles où le CG durcit sa position en insistant sur son projet de marchandisation à outrance du Mercantour. Mais jusqu'où ira-t-il pour se ridiculiser face au grand publique qui a bien conscience que les derniers espaces naturels de France doivent être protégés, même si "le tout un chacun" ne se rend pas trop compte de l'impact des petits travaux fais ça et là?

En plus dans les calanques, la protection des espaces est très au goût du jour. La tendance est plutôt au déséquipement de certaines mains courantes sur les sentiers et
de source sûr le parc national des Calanques n'a jamais été aussi proche.

Couché de soleil sur l'ile du Riou, en haut de la voie du levant (qui n'a jamais aussi mal portée son nom).

J'adore l'automne pour la chaude couleur de ses couchés de soleil qui ne se font pas attendre dès 17h.
 Deuxième couché de soleil 2 jours plus tard avec le profil du fameux pilier du Devenson à droite.

La perturbation arrive au loin pour la nuit, il est temps de sortir de la voie!!!

Ces paysages ayant un peu apaisé mes nerfs surchauffés, voila de l'action.
Tout d'abord à Castelvieil où nous avons parcouru la voie du toit branlant. On a dû louper un truc car on a pas vu de toit??? Par contre les tubes, boyaux et passages secrets à l'intérieur de la paroi sont monnaie courante dans cet itinéraire. Rien que l'accès de la voie par le début de la "traversée sans retour" met dans l'ambiance, pendu en fil d'araignée au dessus de l'eau, à essayer de penduler désespérément vers la droite. Puis dans la voie, ça ne ressemble à rien que je connaisse: un rocher érodé en forme de pétales et de tubes plongeant dans la mer
. On se croirait dans le grès de Jordanie. L'assurage sur friend et lunules à demeure est très plaisant et le cheminement est simplement au plus facile: le top.

 Dans la traversée sans retour juste 10m au dessus de la mer. Le rocher est érodé comme jamais par le ressac des vagues. Un avant goût de la suite.
 Mais quel tube choisir? Par dedans ou par l'extérieur?
Cherchez plutôt la prochaine lunule qui vous indique facilement le chemin.
 Muriel en haut du pilier de la dernière longueur.

 Une échappée judicieuse à gauche permet d'éviter le dévers sommitale. Ils étaient malins ces anciens!

Le lendemain après une bonne festoyade à Cassis avec les niçois en vacances par ici, nous voila de retour à la Gardiole. Chose promis, chose dûe : voila des photos de moi sur le cailloux pour ceux qui me l'ont
demandé. Nous sommes allés régler une vieille affaire qui nous avait laissé un goût amer l'automne dernier: Athroscopie.
C'est une voie mi libre-mi artif, qui doit passer à la journée. Finalement malgré notre motivation pour partir tôt le matin, on a attaqué à 10h passé suite à "bouchon" dans les rappels du Devenson!

Cette fois ci nous sommes armés d'un matos plus typé artif que l'année dernière: on sait à quoi s'attendre! L'A1 ouvert en 2000 par Guigliarelli et Keller ne passe pas en libre pour sûr. 10 pitons, 2 jeux de friend, c'est bien ce qu'il fallait pour se faire plaisir. Et la voie le vaut bien. Elle est aussi majeur que ce que l'on avait pu deviner de loin l'année dernière. Ca grimpe majoritairement en libre et chaque longueur présente un passage d'artif pimenté où l'on se retrouve avec un kilo de ships dans le caleçon.


 Une longueur de 6a/A1 de plus. Le cheminement dans ces dévers est hallucinant: un coup de cul en artif, puis des cheminées shipsteuses à gogo ensuite où il faudra réussir à trouver une position de repos pour sortir le friend qui va bien.
  Le rocher marron qui vire au orange en fin de journée: le rêve.

Grimpez le soir, seul face à la mer, une fois que les grimpeurs ont évacué les lieux, dans un itinéraire sans trace de passage autre que 2 spits de 8 au milieu, c'est le paradis.
Pour sortir la dernière longueur en A2, la frontale aura été plus qu'utile car la nuit était déjà tombée. Au loin quelques bateaux de pêche illuminés sortent du port de Marseille: seules trace de civilisation. Plus un bruit aux alentours; seule une petite lumière franchie petit à petit les derniers mètres de dévers du Devenson. C'est ma Mumu à qui je viens de lancer notre unique frontale sur la corde de hissage. Pourvu que la petite lumière qui anime encore une poignée de défenseurs des espaces naturels d'aventure ne soit pas soufflée trop vite par l'appât du gain des tours opérateurs avides de consommation d'espace pour leur clients.
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Escalades d'automne

5 Novembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Voila quelques images de grimpe de cette automne dans le 06 pour patienter en attendant le retour du soleil sur la cote d'Azur: Les Brigades Rouges au Baou de St Jeannet et le Déjà Vu à Aiglun.
Ce sont deux voies pas trop dures qui se ressemblent un peu:
- le chaud rocher rouges est toujours là, pour égayer les journées au soleil faiblard de novembre
- les passages caractéristiques de ces deux voies nous rappellent qu'elles ont été ouverte dans le milieu des années 70 à la recherche d'une fissure à pitonner ou d'une lunule salvatrice.
- le rééquipement partiel au relais et avec quelques spits dans les longueurs tente de moderniser un peu ces 2 itinéraires tout en gardant l'esprit d'aventure. Le marteau et les pitons ne sont pas nécessaires, mais un jeu de friend est indispensable: parfait pour grimper litgh, clean and happy dans langage d'Obama, une sorte de ligne de conduite de nos amis grimpeurs anglo saxons.

La première fissure cheminée des Brigades Rouges à St jeannet.

Tant que l'on reste dans la voie le rocher est sain et le logo "rocher pourri" du topo n'a pas lieu de brimer cette malheureuse voie qui n'a pourtant rien fait de mal.
 Muriel enchaîne la longueur clef de la voie coté 5+ comme les autres.

5+ des années 70, pas de doute la dessus.

Ce sont des voies qui ne peuvent pas laisser indifférent. Quelque soit le niveau du grimpeur qui les parcours, je ne pense pas que l'on oublie rapidement une escalade de ce style. Ce n'est pas toujours le cas de certains itinéraires dont on ne se souvient malheureusement pas toujours de la première longueur quand on arrive en haut, après avoir sans cesse couru jusqu'au spit suivant! Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé!

Le beau mur à goutte d'eau de la troisième longueur du Déjà Vu à Aiglun: un bijou de rocher accrédité 06.
 Muriel à la recherche de la prochaine lunule dans le Déjà Vu. Ici pas trop de plaquettes brillantes au loin.

Il faudra arriver à deviner la sculpture du rocher de loin pour savoir où il sera possible de poser une lunule solide.

La recherche d'itinéraire et la difficulté de l'escalade sont un peu plus élevées dans le Déjàvu. D'ailleurs dimanche dernier nous avons perdu la voie dans sa traversée à droite au centre et après quelques errances nous sommes sortis par les 3 dernières longueurs de l'Ecole Buissonière. Ca passe très bien comme ça en clipant entre les 2 quelques spits de "à la recherche du temps perdu".
Bonne grimpe automnale.
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Neige du 30 octobre

30 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Voila la photo coup de coeur du jour:
C'est le Mercantour tout de blanc vétu, vu depuis Nice - St Augustin, ce jeudi matin, avant même qu'une photo ne soit publiée dans Nice Matin.

 
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Au Baou d'Eïra on ira

24 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Voila un petit album photo réalisé à l'occasion de l'ouverture de la saison dans le vallon tranquille de l'Erbossiera avec Mumu et Benoit Degroisille.
Un an après l'équipement de "En voie de disparition", la fréquentation a l'air assez proche de zéro par ici. Tant mieux pour les amateurs de tranquillité que nous sommes. Tant pis pour tous ceux qui se plaignent régulièrement qu'il n'y a que des voies élitistes dans le 06.



Ben déjà tout sourire dans la première longueur. Et encore, ce n'est que le début avec du rocher un peu fracturé.

Mumu se régale dans le pilier de la 3ème longueur. Aérien à souhait avec plein de bacs de partout.





Ben à la sortie du pilier: "C'est bientôt le Verdon avec ce gaz?"
   
En cette belle journée d'octobre 2008, il faisait encore chaud et nous avons pris quelques coups de soleil. Ça devrait aller mieux dans l'hiver.

Et ça continue dans la traversée de la 4ème longueur qui traverse au dessus d'une petite grotte.

Ben essaie de déchiffrer le pas un peu malcommode qui permet de se rétablir au relais en fin de longueur.
 



Quel calme par ici aujourd'hui, même la cimenterie de la Grave de Peille, qui ronronne au loin en semaine, est arrêtée. Seuls quelques tichodromes et autres oiseaux des falaises viennent nous rendre visite, curieux de voir 3 bipèdes qui rampent petit à petit sur le rocher.

 La fameuse  photos du bandeau d'accueil de REVALPIN.

Finalement la cotation de cette 5ème longueur est bien 6c au maximum pour la continuité: 30m d'anthologie dans une dalle raide pleine de bonnes surprises. Le rocher est de plus en plus sculpté pour finir dans un vrai gruyère de calcaire.


Et pour finir: la seule colonnette de la voie vous attends tout en haut dans un pas de 5+!

Les doigts sont déjà  bien sensibles  à cause du rocher agressif du Baou d'Eïra, mais la râpe à fromage de cette longueur ne va pas améliorer les choses.

Arrivé au sommet du Baou d'Eïra, la vue s'élargie sur les vallons boisés de l'arrière pays niçois. On se prend à rêver que les Alpes Maritimes sont encore remplies de petites falaises inconnues où il fait bon grimper au dessus d'un figuier.
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Pakistan version mixte

17 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

All our regards to all the Pakistanese we met during this trip. Thank you for being so kind and welcoming with us. Your country, scattered with unique mountains, is magnificient.

Un petit bonjour à tous les Pakistanais que l'on a croisés pendant ce voyage. Merci à tous pour votre gentillesse et votre accueil dans votre beau pays aux montagnes uniques.


Ci dessus des fleurs de glace qui se formaient la nuit autour du camp de base et les enfants de Hushe qui sortent de toutes les maisons pour apprendre quelques mots d'anglais avec les touristes.

Et oui à 4000m au début de l'hiver au Pakistan il peut faire froid. Et si en plus le mauvais temps s'installe, on peut rester coincé sur le glacier de Charakusa. Les habitants de Hushe nous avait bien dit que cette année, l'hiver était un peu en avance et qu'il valait mieux rester à proximité du village pour grimper. Mais quand on vient de l'autre coté de la terre pour visiter les montagnes, on ne prette pas trop attention à ce genre de recommandation et on monte quand même tout là haut pour voir les merveilles de notre monde.

Voila le  site du camp de base au bord de la rivière avant les chutes de neige: un havre de paix au bord du glacier de Charakusa, entouré de pics vertigineux.

Après avoir pu profiter un peu du chaud rocher en versant sud du glacier, la neige est arrivée et au vu de l'altimètre qui montait chaque jour un peu plus, nous avons compris que l'attente allait être longue. Pour les courses de rocher pur, la saison était vraiment finie, car par la suite, la neige n'a plus quittée sur les vires de la Nayser Brakk. Heureusement chaque éclaircie permettait un peu de fonte sur les moraines du versant sud pour nous laisser espérer qu'il n'y aurait pas 2m de neige fraîche partout le jour où le beau temps reviendrait.
 Et c'est comme ça qu'un beau matin l'herbe jaunie du camp de base à disparue sous une couche blanche plutôt froide et humide.

Puis chaque jour voyait se rajouter quelques dizaines de centimètres. Un jour notre guide nous a dit que si le temps ne s'améliorait pas, nous allions être obligés de descendre tant bien que mal en laissant tout le matos ici et que des porteurs viendraient le chercher l'été prochain.
 
 Une fois que les bouquins  emportés ont été dévorés à l'abri sous la tente, il a bien fallu se bouger un peu malgré la dépression qui ne voulait pas nous lâcher.

Nous montons donc la tente 600m au dessus du glacier dans l'espoir de pouvoir progresser un peu vers le haut. Mais le risque élevé d'avalanche ne nous laisse qu'une petite crête bien orientée au sud au dessus du camp pour profiter d'une journée d'accalmie dans un paysage hivernal.

Et puis est venu le jour où il fallait bien se décider à redescendre à Hushe en cas de mauvais temps insistant. En effet les jours étaient comptés. Par miracle, ce jour là, la météo s'est améliorée. Chargés comme des mulets avec 5 jours de nourriture nous sommes donc montés poser un camp sur le bord du glacier du Farol et 2 jours plus tard nous avons atteint un col à l'est du Farol extrême Est à 5500m d'altitude.

Voila la "meije" du Charakusa tout en granit:Le Farol extrême Est

 La face sud présente 1200m de  big wall imprenable  formé de piliers de protogine à peine fissurés




 Voila notre tente au col  Est du Farol.

 Derrière les sommets géants du Baltoro  kangri surgissent au dessus de tout.
 
Le Farol extrème Est a été tenté plusieurs fois par la ligne de cascades de glace centrale. Le groupe CAF excellence y a fait une tentative en 2004 ainsi que des américains en 2006. Chaque expé a buté sur des murs infranchissables en escalade libre au dessus du point le plus haut de la goulotte. Nous avons donc tenté l'arête Est dans l'espoir de trouver un chemin plus facile vers le sommet.





La vue du premier grand ressaut de l'arête Est depuis les environs de notre camp haut au col Est.

Pas de rampe de neige facile: les friends et les broches vont encore prendre l'air!

 Le sommet du Chogolisa en forme de tente canadienne.  Surpris de le  voir si près, nous sortons la carte.

Pas de doute, la carte est bien complétement fausse. La chaîne des Farol est placée sur une autre ligne de crête qui n'a rien à voir avec là où nous sommes.
Une fois au col, le plus épique aura été de construire un emplacement pour la tente qui ne soit pas sur l'énorme corniche surplombant le versant abrupt de l'arête. Une journée de repos et de repérage des premières longueurs nous permet de profiter du paysage fantastique qui s'offre à nous. Le temps a enfin tourné au beau. Heureusement le vent nous laisse relativement tranquille à notre col. Du coup l'emplacement est optimal avec le soleil de 7h à 19h! Après 10j de mauvais temps, nous admirons nos premiers couchés de soleil, avec le granit charakusien qui vire au orange en fin de journée.

Le lendemain nous partons pour la tentative sur l'arête. Nous choisissons de contourner un premier bastion par la gauche en passant par des dièdres moins raides. L'escalade mixte est tout de suite éprouvante et nous finissons par hisser le sac.
 En dessous de nous la vue sur le glacier de Kaberi est fantastique.

C'est une vallée avec des centaines de sommets inconnus à cause de l'accès qui passe par le Cachemire.

Peut être une vallée bientôt accessible avec le tassement du conflit Indo-
pakistanais?



 Au dessus,  les rampes de neiges visées sont plus faciles et nous permettent  de rejoindre le fil de l'arête.

Le rocher est  compact et raide autour de nous et sans cesse des petits ressauts  débonnaires de loin compliquent l'ascension une fois dedans.
Très vite, on comprend qu'il ne sera pas jouable de monter au sommet dans la journée à la vitesse où nous progressons. Tant pis, on montera le plus haut possible en direction de la première antécime pour profiter de notre dernière course au Pakistan. Au fur et à mesure que l'on monte, la vue devient gigantesque sur les sommets du Baltoro tout proche et sur le bassin de Charakusa avec la pyramide du Drifica que l'on voit enfin en entier.


 De rampe  de mixte en  courte portions de glace, le cheminement vers le sommet parrait jouable, mais nous sommes décidément trop lent et nous décidons de descendre avant d'avoir atteint la première antécime.
 La descente en rappel qui nous vaudra un coincement de corde maudit dans les fissures franches de granit.

Le lendemain la descente jusqu'au camp de base sera éprouvante. Heureusement Ishaq est venu à notre rencontre sur le glacier pour nous aider à porter les sacs. Une fois au camp de base, les porteurs sont déjà arrivés pour descendre le lendemain vers Hushe. Visiblement tout le monde est pressé de descendre de ces montagnes où l'hiver s'installe petit à petit. En plus c'est  la fin du Ramadan dans 2 jours et ils ne veulent pas louper la fête qui va avec. Nous aussi d'ailleurs, même si nous ne nous sommes pas privés des bons petits plats du cook pendant un mois.

Dernière matinée au réveil difficile, perchée sur notre arête au col Est du Farol.

On voit ce qu'il reste de la corniche que nous avons effondré en creusant un emplacement pour la tente!

Voila une photo de la famille de notre guide Raza avec qui nous avons passé les fêtes du Ramadan à Skardu. A droite c'est moi, avec Raza et ses deux fils (Rhibert et Tensir) au Sapara Lake qui est le réservoir d'eau naturel de la ville de Skardu. A gauche c'est Ishaq et  Altaf : le cuisto et le porteur les plus inséparables du camp de base. Sans eux, pas de bon chapati tous les matins! Merci encore pour tous les bons petits plats (TROP!!) épicés qui nous ont fait patienter sous la neige.




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Pakistan version grimpe

8 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin




Nous avons visité la vallée de Charakusa (à prononcer "Saraksa") dans une ambiance hivernale. Comme de nombreuses zones du Karakorum, ce coin est un paradis de l'alpinisme avec le rocher de Chamonix sur des aiguilles à la dimension himalayenne. Pas mal de récits d'expé dans cette vallée parlent d'un mois septembre au temps stable et sec. Pourtant nous avons essuyé une dizaine de jours de mauvais temps pendant ce mois de septembre 2008 moins estival qu'habituellement dans cette région. Mais l'ensemble du séjour nous aura permis des escalades enthousiasmantes sur du granit monolithique comme nous n'avions jamais vu. Le beau temps revenant à la fin, nous avons fait aussi une tentative de 5j sur le Farol extrême Est à 6250m par son arête Sud Est, dans un décors de haute montagne fantastique, à batailler dans du mixte entre des piliers de granit rouge déversant. A lire aussi sur cette vallée les articles de 2007 de l'incontournable blog américain "alpinestyle".

Le voyage commence par 2 jour de route le long de l'indus par la célèbre Karakorum High Way.

Une grande dépression automnale sévit déjà sur les lieux. Du coup il n'y a aucun vol pour Skardu depuis une semaine et tout le massif est blanc à 3500m: ça promet!
Au village de Hushe tout le monde rentre du bois pour l'hiver et tente d'abriter les fenaisons de la pluie.

Le Masherbrum se laisse admirer au fond de la vallée.

Le glacier de Charakusa est située dans la vallée de Hushe qui attire chaque année les grimpeurs du monde entier grâce à une concentration de tours granitiques facile d'accès. Ici le rocher est toujours bon, voir excellent par endroit, comme dans la vallée de Nangma ou sur les piliers du K7. Pour le glacier de Charakusa, c'est au fond à droite. Il faut compter 3 journées pour remontée le long de son flanc en empruntant une moraine étroite qui passe au pied d'une ribambelle de tours rocheuses à faire frémir les aiguilles de Chamonix. La traversée du glacier descendant du Chogolisa oblige à quelques passages de moraines acrobatiques.

La vallée de Charakusa est ouverte aux alpinistes depuis une petite dizaine d'année. Elle a été mise sur le devant de la scène en 2003, quand Steve House révolutionne le style alpin au K7, 6940m. Sur ce sommet qui n'avait été atteint que par des japonnais en technique lourde, il gravi en 41h en solo la face sud par un itinéraire en partie nouveau. Cet exploit lui vaut la distinction du piolet d'or en 2004. Pour tout amateur d'expédition légère, la visite dans cette vallée s'impose presque comme un pélerinage pour rêver un peu à des ascensions rapides sur des  sommets exceptionnels.

 

 La lune se lève  au dessus du pic Hassin au fond du Charakusa.

Dans quelques jours elle sera pleine, puis à la prochaine nouvelle lune il sera temps de redescendre dans la vallée pour la fin du Ramadan au risque de ne pas trouver de porteurs qui font alors la fête 4 jours durant.
 La soirée au camp rythmé par le " musical program" concocté par les porteurs qui se lâchent heureux de pouvoir encore travailler un peu en septembre, habituellement  début de la saison morte et heureux passer  quelques jours ensemble en montagne pour monter notre bardas tout la haut.
 

Une fois au camp de base à 4000m, le temps est magnifique les premiers jours et nous attaquons directement les festivités par de bonnes session de grimpe. Les faces sud des aiguilles les plus basses se déneigent vite et s'y prêtent parfaitement . L'ambiance est démente dans ce paysage que nous découvrons chaque jours un peu plus. Il n'y a pas âme qui vive dans la vallée en cette saison et on a le sentiment d'être des êtres privilégiés à pouvoir admirer chaque jour ces centaines de pics.


Grand beau,  le K6 qui fume un peu derrière, le rocher parfait au soleil: tout pour être heureux. 
   Dans le pilier de "No Tasty Talking" sur la Nayser Brak. Une voie évidente et irresistible  qui s'est révélée pas facile du tout.
Les cotations américaines nous jouerons quelques tours quand nous attaquons THE voie de Steve House :"Tasty Talking". En fait il fallait lire entre les lignes 6c/7a soutenu avec des pas d'artif. Autant dire que l'on a fait demi tour au bout de quelques longueurs d'anthologie, qui nous ont plus que chauffé les bras. Mais le bonheur de grimper dans ce bout du monde est vraiment là au milieu de ces pics de "ouf à chercher un itinéraire possible parmis les fissures au dessus de nous.

Et voila de quoi grimper juste au dessus du camp de base!

A gauche la fière aiguille de la Nayser Brak pointe vers le ciel.

A droite une aiguille que nous avons nommée "Base Camp Brakk", où nous avons grimpé un nouvel itinéraire très abordable.   

 Sur le granit de  la voie de l'Arc de Cercle, dont la difficulté augmente progressivement en passant d'un système de vires en 3, à de belles longueurs de 6b sur la fin.

Le K6, en fond de paysage, écroule tranquillement ses tonnes de séracs à tous moment.


 
L'intégrale de l'arête sommitale reste à faire. Avant un ressaut raide, nous nous sommes échappés par des vires vers 4600m en face ouest. Nous avons trouvé une descente commode par un couloir de neige quelques mètres au nord du sommet. Ce raid couloir  Nord/Est ramène directement sur le glacier au pied du pic Bétatrice.

 Muriel cherche où placer le bon piton dans le haut de l'Arc de Cercle.

Le soleil joue à cache cache ce jour là, mais la météo est encore à peu près anticyclonique.

Ces nuages ne sont que les prémices du pire qui arrivera quelques jours plus tard sous forme de tombereaux de neige.
Pour grimper en versant sud, il y a aussi tous les piliers au pied du K7 qui ont quasiment tous été gravis ces dernières années. Nous n'y sommes pas allés car leur orientation sud / ouest les privait de soleil  avant 11h. Ils sont donc restés un peu plâtrés de neige en permanence. C'est sur ces piliers qu'ont sévi la célèbre expé de grimpeurs belges de l'année dernière avec Favresse et Villaneuva.

 La face ouest du K7 ouest  présente 1500m de granit surmontée de 1000m de mixte pour un sommet à 6800m: un défi pour les générations futurs qui devraient sûrement s'y intéresser de près.


 Un peu d'escalade pour s'acclimater doucement à l'altitude: un bon moyen pour se faire plaisir sans avoir trop mal à la tête comme bien souvent quand on essaye de monter trop vite à 6000m.
 Un peu exténué en fin d'après midi non loin du sommet du Base Camp Brakk.

Juste à ma droite, le sommet du Kapura à 6545m et  au bout à droite la Haji Brakk dont la goulotte centrale a été gravie par Steve House en solo!!
 

Finalement tout aurait vraiment été parfait si la météo était restée au beau temps comme ces 5 premiers jours au camp de base.
Suite des photos et du récit à venir, avec l'arrivée des grands méchants flocons, le temps des camps haut perchés, le temps du mixte et des paysages d'altitude en direction du Farol.

 Et voila les truck du Pakistan tous plus beau les uns que les autres. Ca change des semi-remorques aux couleurs fadasses de chez nous.



Tensir et Rhibert (Les 2 enfans de notre guide Raza) et leur cousin découvrent l'ordinateur que leur père à emprunter à un ami pour écrire un livre cet hiver: un futur best seller racontant la vie d'un guide du Baltistan.
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Photos à Scandale

3 Septembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Comme promis voila quelques photos, en remontant la voie, des premières cordées qui sont allées grimper "Scandale" au Ponset. Les 3 premières photos sont de Totox et Alex Mary et les 3 suivantes sont d'Antoine Rolle et Tom membres de l'équipe départementale jeune alpiniste 06.
Visiblement il ne fait jamais trop chaud dans cette face, car certains ont l'onglé, d'autres ont mis la goretex et personne n'a sorti le short du mois d'août! Mais les longueurs qui grimpent sont bien là, à portée de main de la Côte d'Azur, et c'est l'essentiel.
 


Ci dessus  une photo de l'attaque au pied de la voie et un grand écart dans L2
 
Ci contre, il ne doit pas faire très chaud pour avoir sorti la goretex?

Voila quelques remarques qui ressortent des premières cordées qui se sont régalées sur les lichens du Ponset. Visiblement les cotations sont un peu surévaluées dans l'ensemble, ce qui donnerait une voie plutôt TD+. Il y a bien assez de pitons en place. Il reste un pas un peu expo dans la dalle blanche de L5 et au début de L6 qui peut s'éviter par le dièdre facile à droite. Prendre 1 ou 2 petites sangles ou cordassons pour cravater quelques clous difficiles à clipper n'est pas une hérésie. Avec tout ça c'est que du bonheur visiblement.
 

 Ci dessus le départ de la fissure de L4 avec le clocheton caractéristique de la voie Dufour Morisset  en arrière plan.


A gauche vue plongeante dans l'interminable L5.



Ci dessous quelques pas de dalle dans L7, bien haut perché au dessus des névés là bas au fin fond de la combe du Pas du Mt Colomb.
 
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Bonne Bouteille

3 Septembre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Comme un bon cru, la "bonne bouteille" de Tavels se laisse savourer par les amateurs de ce qui est bon : une texture granuleuse comme se doit le granit, une robe gris orangée, un arôme floral de genépy et une saveur ensoleillée de l'après midi.

Je ne connaissais pas les voies de la face principale de Tavels, mais ça vaut vraiment le coup. Le granit est sain et sculpté en mini tafoni. Le joyaux de cette face est bien sûr la grande dalle centrale qui est traversée par "Bonne Bouteille" et par "Les Sospelois". Dans "bonne bouteille" la longueur qui remonte la dalle est un petit monument. Le mur est à peine fissuré pour avoir permis aux ouvreurs de pitonner et la longueur présente une succession de prises toujours bien placées pour que l'escalade déroule en 6a très conti.

Granit d'Oisan au Soreiller ou du Mercantour?

Muriel franchit le petit dévers de la première longueur du socle. Le rocher aux formes arrondies présente autant de grandes oreilles à saisir ou à cravater avec une sangle pour s'assurer.


Au dessus la deuxième longueur présente un 6c bloc, les pied à plat sur le granit croustillant. 2 goujons bien placés permettent de s'aider au cas où.
L'équipement de "Bonne Bouteille" est étrange. La partie basse a été rééquipée béton dans le style rééquipement du Mercantour jusqu'à R5, puis plus rien. La suite est restée sur pitons d'origine! Dans L4 et L5, l'itinéraire n'est pas des plus logiques et il faut sans cesse traverser vers la droite en coupant "les Sospelois " pour retrouver la voie plus loin. L'avant dernier relais est inexistant. Une vire à droite des surplombs se prete bien à sa construction sur friend.
Dernière longueur sur ce granit enthousiasmant.
Une petite traversée au dessus des toits du haut de la face met de l'ambiance pour finir cette ascension en beauté.



Finalement ce petit tour à Isola 2000 nous a bien plut. La vue sur les lac des Terres Rouges est sympa et l'approche n'est pas bien longue pour une qualité de grimpe au top. Profitons en avant le débarquement intempestif des cohortes de randonneurs des "balcons du Mercantour". Le programme comprend la construction d'un refuge au lac des Terres Rouges. Pourquoi pas, mais avec boisson à volonté SVP pour les grimpeurs qui feront un peu de spectacle!
Plus sérieusement il y avait au pied de Tavels pas mal de chamois et 7 magnifiques mouflons dimanche. Je ne suis pas sûr que ces animaux (parmi d'autres) apprécient trop une fréquentation accrue du site. Ils iront se réfugier coté italien ou deviendront accrocs aux sucreries comme les marmottes de la Bonnette. Mais que fait le parc du Mercantour? Il a quand même son mot à dire sur les aménagements en zone périphérique. A moins que l'investissement de 20 millions d'euro soit considéré comme des travaux légés qui ne portent pas atteinte au milieu naturel!!!

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