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Pas facile de connaitre les conditions en montagne depuis son nid douillet sur la côte d'Azur. Ce site a vocation à vous aider un peu, et surtout passionnément.

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Lundi 10 septembre 2007

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En voila de belles journées! Un automne aussi lumineux  que ça,  avec une  atmosphère assez limpide pour voir la Corse depuis le Mercantour... Je signe tout de suite.

Nous ne sommes pas encore allés rendre visite à la Gordolasque cet été. Il est temps de réparer ça.  Voila encore une destination originale dont notre Mercantour regorge: La Barre Clause au Pas des Conques
C'est une falaise située sur la crête au sud du Grand Capelet entre Gordolasque et Merveille. L'accès à ce lieu haut perché est déjà toute une aventure pour suivre la petite sente régulièrement cairnée se faufilant entre les barres rocheuses. Il faut quitter le sentier du refuge de Nice à 10min du parking du Pont Coutet. Le départ est peu marqué, puis un peu mieux en lacet dans les mélèzes. Il traverse vers le sud pour revenir au dessus d'une petite barre (c'est celle où l'on fait de l'initiation à la cascade de glace pour ceux qui connaissent ). Ensuite le tracé contourne de petites barres par la gauche pour rejoindre le haut du vallon des Conques en suivant approximativement le tracé de ski de la carte IGN.
Daricole-Bolivar.JPG
En regardant le topo, la voie "Daricole et Bolivar" parait la plus abordable: niveau TD annoncé et un équipement mixte piton/spit déjà en place. En fait le niveau obligatoire est plutôt 6b et le peu d'équipement a dû en décourager plus d'un. Le dernier spit de la première longueur est équipé d'un maillon rapide. Ensuite plus rien sur 25m dans un système de fissures bien verticales. Croyant presque que je m'étais fourvoyé dans une tentative échouée de voie moderne, j'ai continué car la fissure se prêtait bien à l'assurage sur friend. Etonnammant le dièdre était pourvu de grosses prises étranges qui incitaient à aller de l'avant. Et en haut, le relais sur 2 spits nous prouve que c'est bien par là. La suite de cette escalade vaut vraiment le coup sur un rocher exotique à découvrir. En plus j'ai rajouté un piton pour se rassurer au milieu du passage sans point de la 1ère longueur.
DSCN1962.jpg
3ème longueur: un rocher splendide.

C'est l'incroyable secret du Pas des Conques: arkose permien ou grès viollacé pour les non initiés aux subtilités géologiques.

Pas besoin de piton, mais d'un bon jeux de friend surtout pour L1. Les relais sont tous équipés pour les rappels sauf tout en haut où l'on a rien vu. On descend facilement à pied du coté Merveille pour rejoindre le Pas des Conques ou le Pas de l'Arpette. 
par Revalpin publié dans : Escalades
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Lundi 3 septembre 2007

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Pour parfaire notre italien, retournons chez nos amis transalpin. Tant qu'à faire, allons rendre visite à la mec de la grimpe en Argentera: le Corno Stella qui équivaut à la Cougourde du Mercantour en terme de fréquentation.

Mais avant, une petite pause au Mt Stella (lui aussi mais sans "Corno" devant) où François Auban s'est également bien caillé dans "Lucifero". Il n'a pas fait très chaud ce dimanche dans l'Argentera alors que nous quittons à peine le mois d'août!

Voila quelques photos de François pour preuve qu'ils n'ont pas quitté la polaire.

 lucifero1.jpg  lucifero2.jpg
  J'ai pas la légende, mais ça doit être dans la première partie de la voie avec de grandes envolées de dalle.  Là je pense que l'on est pas loin de la longueur clef en 6c qui traverse vers la gauche pour éviter les toits du haut.

Et même en face sud du Corno Stella nous n'avons pas réussi à réchauffer les prises dans "Dafne et les 3 lunes". Le soleil arrivant dans la face à 11h, nous avons attendu patiemment son arrivée. Mais les nuages et un vent glacial ont empêché la remonté de température. Il n'y a bien que Nico qui courait dans les voies du Corno en corde tendue par ces conditions. 

Les italiens sont en train de refaire un nouveau topo du Corno pour situer plus facilement les itinéraires classiques qui sont parfois entrecoupés de nouvelles voies sur spit. En attendant l'ancien topo épuisé est en grande partie disponible ici. L'accueil au refuge Bozano est toujours aussi excellent avec des repas diététiques gargantuesques. 
"Dafne et les 3 lunes" est une voie toute équipée de presque 400m franchissant audacieusement des murs raides par des zones de tafonis et cannelures à grosses prises. Comme le fait remarquer M Gambaudo, sur sa dédicace de cet été sur le livre du sommet, le niveau obligatoire est plutôt 6b+ que 6a.
La veille nous avons fait la voie "la Belle est la Bête" à la Punta Innominata au Chaînon des Guides. C'est un bel itinéraire astucieux sur piton. Il franchit quelques zones assez compact avant de finir dans un grand dièdre. Mention spéciale pour quelques passages sur des dalles de gneiss rouge présentant des alvéoles juste de la taille de la main ou d'un friend rassurant. Il n'y a pas besoin de pitons, mais juste d'un jeu de friend et d'un niveau 6a obligatoire, le passage en 6b étant largement équipé. La descente de la Punta Innominata se fait classiquement par un grand couloir herbeux à gauche de la face. Les rappels sont sur de vieux pitons et le couloir est chargé de blocs branlant qui ne demandent qu'à descendre en rappelant la corde. Il doit être bien plus "safe" de rejoindre la Punta Ghigo (un rappel sur l'arête en direction du Corno). On arrive alors au sommet des rappels sur chaîne de Super Ellena qui ramènent au pied du Chaînon des Guides.
par Revalpin publié dans : Escalades
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Lundi 20 août 2007

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C'était la fête ce week end du 18, 19 août à Saint Paul sur Ubaye. Au programme, feu d'artifice, fiesta, mais aussi un musée des métiers d'antan que l'on s'attend encore à trouver naturellement là bas au détour d'une ruelle.
L'Ubaye... La vallée des Alpes Françaises qui est restée la plus authentique? Peut être? Ce qui est sûr, c'est que les villages ont su garder leur identité au pied de leur rudes montagnes.
Pour vous dire à quel point les paysages ont été préservés de la main de l'homme, plusieurs voyagistes français vendent des treks en boucle sur l'Ubaye et son versant italien au même titre qu'un trek au Népal ou au Tibet!!! Paysages lumineux au milieu des mélèzes, avec de larges vallées rarement encaissées où coulent encore des rivières sauvages charriant quantité de cailliasses. Bienvenue en Ubaye.

J'ai mis la main sur un vieille article des années 1970  "d'alpinisme et randonné" parlant de l'Ubaye. Il concluait en disant que ce massif n'était pas fait pour l'alpiniste qui ferait mieux de monter en Oisan ou à Chamounimouni pour assouvir sa passion. Pourtant quand on sillonne la région avec le nouveau topo d'escalade de l'Ubaye, 35 ans plus tard, la vision en est bien autre. Voir qlq photo de la Mortice.

Samedi nous avons grimpé à l'aiguillette du Vallonnet dans "Trou de Mémoire".
DSCN1871.jpg La sortie en dalle à gauche est abimée par les chuttes de pierres. Mieux vaut sortir par la vieille voie en renfougne qui est équipée à droite.
Mumu dans les dalles à mi-hauteur de la voie.
Passages très techniques mais toujours bien protégés.       

Bien plus haut on voit le dièdre cheminée qui nous laissera quelques émotions.

Les vires du sommet sont chargées de gadins prêts à dégringoler. La fréquentation de la voie et des vires sommitales a ainsi mitraillé la voie et ses beaux goujons. Attention! Ne pas suivre une autre cordée dans cette voie. Le relais équipé pour la descente au niveau de R2 et complètement explosé. Il faut  rejoindre le relais de montée. Dans la partie haute, il faut sortir par la vieille voie italienne qui a été totalement équipée. Les points de la variante de sortie dans les dalles sont aplatis par les pierres!! En plus cette sortie originelle vous permettra de réviser toutes les techniques de renfougnes, coincement et opposition. Le haut de la voie est idéal pour apprendre à grimper en cheminée avec des spits tous les 2m pour ne pas se faire trop peur. Tout y passe: les coincements de mains, de poings, de cuisses, de bras...

Dimanche, après une grasse matinée réparatrice des fiesta ubayennes, nous sommes allés rendre visite à La Pierre André. En montant on croise les cordées matinales qui sont déjà allés au sommet de la très fréquentée Aiguille de Pierre André. De toute façon, on va faire la voie des Marseillais en face nord, donc pas la peine de courir après le soleil!
Le rocher est plus lichéneux que dans la rouge face sud-est où sont tracés la plupart des voies; mais cet itinéraire est à faire pour l'ambiance avec vue du coté de la profonde vallée de l'Ubaye.

Finalement c'était une belle voie qui présente une escalade assez extérieure et aérienne. Les passages d'A1 passent en 6a/b en tirant éventuellement aux clous en place. Peu après R2, 2 pitons moyens sont reliés avec plein de sangles en pleine dalle. Il ne faut surtout pas faire relais ici, car les 3m au dessus sont péteux et on pourrait tomber sur le relais. Le dévers en A2 nécessite 5 ou 6 pitons pour passer et conforter un peu les relais. La sortie de cette longueur vous laissera des souvenirs, pendu pendant quelques instants sur un vieux piton à anneau.
DSCN1885.jpg
La traversée en plein gaz au dessus des surplombs.
Ambiance,  ambiance... Il ne faut pas hésiter à descendre un peu depuis le relai pour traverser.

par Revalpin publié dans : Escalades
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Lundi 13 août 2007

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Les Aiguilles de Portettes n'ont pas pu vous échapper en passant au lac de Tavels. Ce ne sont que de petites antécimes du véritable sommet des Portettes. Pourtant leur fière flêche de granit de presque 200m attire pas mal de grimpeurs. Pour cause, les voies ont été équipées dans un esprit assez moderne avec pas mal de gougons et l'escalade au dessus du lac de Tavel miroitant est magnifique.
topo-portette.jpg
Attention à l'inscription "le ciel pour témoin" au pied de la voie "le sommeil ou le rêve" la plus à droite. C'est un leurre!! Le topo est lui exact. Quelqu'un voudrait il nous faire douter de la voie?
Il y a même des possibilités de goulotte aux Portettes. Deux lignes ont été ouvertes récemment par Benoit Degroisille et Benjamin Decoster.

DSCN1794.jpg Benoit dans la dalle de la première longueur de "Le ciel pour témoin" .

C'est la plus facile des voies bien équipées.

le-som-ou-le-reve.JPG Serge dans les fabuleuses dalles de "Le Sommeil ou le Rêve". Il faudrait effacer la fausse inscription au pied...
Attention aux poissons peu farouches du lac de Tavels. Ils ne manqueront pas de vous lécher si vous vous baignez. Sensations garanties. L'eau du lac est assez bonne. DSCN1807.jpg
Les bords du lac se prettent bien à un bivouac tranquille. Samedi soir c'était la fameuse nuit des étoiles filantes et on peut dire que ce n'est pas une blague...
Les aiguilles de Portettes sont parfaites pour grimper à l'après midi ou tôt le matin en cas de risque d'orage. Pour faire des voies plus longues, il y a la Tête de Claus à 2 pas avec plein de possibilités.

Le Coté Ouest de la Tête de Claus proposent de belles voies qui sont très recommandables:"Les tordus de l'an 2000", "la Dufranc"(une des plus belles), "Walk on the Wild Side". Evitez juste la voie "Mister Bean" qui présente des envolés de spit sans logique qui peuvent décevoir. Attention, pour "Walk on the wild side" le topo du Gass est faux. Le bon est sur le site de Denali Sud: ici.

Dimanche on est allé visiter le coté Italien en versant Est de la Tête de Claus. Après avoir bataillé quelques heures au dessus du lac des portettes, c'est le but!! Les 2 voies de la tour jaune sont vraiment de sacrés morceaux. Visiblement il faut plus que 4 pitons pour venir à bout des passages cotés A1 et A2. Une nouvelle voie sur gougons a été équipée en plein dans la tour jaune. Il faudra revenir pour essayer.
DSCN1824.jpg Le versant Est de la tête de Claus coté italien propose une belle paroie de granit doré avec des voies soutenues de plus de 350m.
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par Revalpin publié dans : Escalades
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Mardi 7 août 2007

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Le St Robert, belle pyramide satellite du Gélas, la traversée classique de ses arêtes vertigineuses... tout ça, vous connaissez?? Saviez vous qu'il cache une face nord de 400m coté Italien, avec un glacier qui racle et qui grogne encore tout ce qu'il peut avant sa mort programmée. 
Bref, Saint Robert était surement un saint homme de son époque; mais il a lui aussi son "coté obscure". 
Pour découvrir sa fille cachée rien de tel qu'une incursion dans cette face Nord.

DSCN1751.jpg Muriel et Benoit tchatchent au relai. Plus bas le glacier du St Robert coule encore de beau jour.  Il y avait encore pas mal de glace sous la couverture de pierre jusqu'en haut de la photo.

Après avoir gravi les moraines très instables du glacier et franchi la "rimaye", plusieurs voies s'offrent à vous. La plus récente s'appelle "Erika", en pleine fleur de l'age du haut de ses 17 ans d'existence. Les pitons de la voie, déjà rouillés jusqu'à la moelle, vont bientôt disparaître tels les boutons d'acnés de sa jeunesse. 
Grâce à vos friends et coinceurs vous allez pouvoir vous délecter des fissures de la jeunette qui va bientôt faire peau neuve. 
La voie Erika propose  quelques longueurs assez redressées en 6b dans le partie basse. Il faut chercher les pitons qui indiquent souvent le chemin. DSCN1750.jpg
Ben au sommet du spigolo qui marque la fin des difficultés.
Un fois arrivé au sommet de l'éperon de 200m où chemine la voie, l'escalade devient beaucoup plus facile sur les 200 derniers mètres.
DSCN1763.jpg

L'accès au pied se fait très bien en venant de la Madonne de Fenestre. Direction col de Fenestre puis descendre environ 150m coté Italien pour prendre un gros sentier empierré qui part à droite (marqué sur IGN). De là, il faut traverser en franchissant quelques vires à un moment pour arriver au pied de la face. 3h sans se presser. Du sommet du St Robert on descend du coté Français par l'une ou l'autre des arêtes du St Robert.

 DSC01618.jpg  DSC01621.jpg
  Un Bouquetin du val Gesso nous défie le long du chemin.  Le Génépy. Il y en a partout en cette période de grande floraison. Mais il est interdit de la cueillir dans le parc du Mercantour et dans le parc des Alpi Maritime.
par Revalpin publié dans : Escalades
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